Sur le marché des ovocytes, l’Espagne fait la course en tête

Par Laurène Daycard

En Europe, un traitement par don d’ovocytes sur deux s’effectue en Espagne. Les cliniques évoquent une « culture de la solidarité » pour expliquer cette propension des Espagnoles à faire don de leurs gamètes. Mais la « compensation économique », généralement de 1 000 euros dans un pays où le salaire minimum est fixé à 735 euros, est une somme attrayante pour les plus précaires.

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Barcelone, Madrid, Malaga, Marbella (Espagne).– Marie* a passé des années à essayer d’avoir un enfant. N’y arrivant pas avec son compagnon, cette chargée de ressources humaines résidant dans l’ouest de la France a d’abord enchaîné les stimulations ovariennes. Avant de multiplier les fécondations in vitro. En vain. Marie n’est pas assez fertile : elle doit utiliser les gamètes d’une autre femme. « Mon gynécologue m’a prévenue qu’il me faudrait attendre quatre années si je voulais continuer ici. Mais que je pouvais aussi aller en Espagne. » Cinq mois après avoir passé son premier coup de fil à une clinique de Barcelone et quelques allers-retours en low-cost plus tard, cette trentenaire tombe enceinte de jumeaux. « En France, le traitement de l’infertilité, c’est une 2 CV. Ici, tu montes en Ferrari », compare-t-elle.