En Espagne, des régionales pour enfin sortir de la crise politique?

Par

La Galice et le Pays basque votent dimanche pour élire leur parlement régional. Alors que l’Espagne navigue depuis dix mois sans gouvernement, les plus optimistes veulent croire que ces deux scrutins vont permettre de sortir de l’impasse.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

On connaissait jusqu’à présent le « sorpasso », ce terme italien qui résume l’objectif de la coalition Unidos Podemos en Espagne : passer devant les socialistes du PSOE dans les urnes. Aux législatives de décembre 2015, comme à celles de juin 2016, Pablo Iglesias et ses alliés n’y sont pas parvenus. À l’approche des régionales qui se tiennent dimanche en Galice et au Pays basque, des éditorialistes spéculent à présent, non sans malice, sur les chances d’un « sorpasiño » (en galicien dans le texte) et d’un « sorpasoak » (en basque).

L’Espagne navigue à vue, sans gouvernement depuis dix mois. L'Union européenne commence à s'inquiéter du pourrissement de la situation. Et beaucoup d'observateurs comptent sur les résultats des scrutins de ces deux communautés autonomes pour, sinon sortir de l’impasse, au moins relancer une dynamique qui permettrait peut-être d’éviter la tenue de nouvelles législatives en décembre. Ces régionales ne se déroulent pas n’importe où : avec la Catalogne, la Galice (2,7 millions d’habitants) et le Pays basque (trois millions d'habitants) forment les trois régions reconnues comme des « nationalités historiques » dans la constitution du pays. Ce qui signifie que leur paysage politique est souvent très fragmenté, avec des partis indépendantistes ou favorables à davantage d'autonomie, se greffant sur l'axe traditionnel droite-gauche.

Ces élections sont devenues « la boule de cristal de la politique nationale, réveillant un climat déprimé par le blocage politique et la lassitude des citoyens », constate une éditorialiste d’El País, qui ne croit pourtant guère à un dénouement rapide de la crise. Le journaliste Andrés Gil, du site El Diario, parle de son côté d’une « attente démesurée », convaincu que le double scrutin de dimanche, baptisé le 25-S dans les journaux (parce qu’il se déroule un 25 septembre), ne permettra pas de résoudre le casse-tête politique espagnol (que Mediapart a déjà raconté en détail ici ou ).

Même Pablo Iglesias, dans l’émission qu’il continue d’animer sur La Tuerka (tout en assurant son mandat de député national), se posait la question début septembre : les régionales en Galice et au Pays basque vont-elles influencer la donne à Madrid ? Et si oui, dans quel sens ? Inversement, le ras-le-bol de nombre de citoyens face au blocage politique national va-t-il peser sur ces deux élections locales ? (Voir la vidéo ci-dessous.)

Retour, en trois points, sur les enjeux de dimanche et leurs possibles effets par ricochet sur les négociations nationales.