La campagne pour l’interdiction des armes nucléaires marque quelques points

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Une dizaine d’États devraient ratifier le traité sur l’interdiction des armes nucléaires à l’occasion de l’assemblée générale de l’ONU. Ce traité, farouchement combattu par les puissances nucléaires, dont la France, a longtemps été dénoncé comme irréaliste, démagogique et dangereux. Il a au moins l’avantage de porter un débat étouffé ou interdit en France.

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C’est un tabou, un interdit qui pèse sur la quasi-totalité de la classe politique et des « experts » en sécurité internationale. Débattre aujourd'hui de la pertinence de la dissuasion nucléaire, de la nécessité d'entretenir – à coups de milliards d'euros – un arsenal atomique de destruction totale est tout simplement impossible. La Bombe, c'est la France, c'est la République !, « c’est ce qui nous permet d’avoir la capacité de vivre libres », disait François Hollande en 2015. Tel est le message inlassablement renvoyé par le pouvoir politique et militaire à tous ceux qui osent questionner l'utilité d'une force nucléaire française, créée en 1964, au plus fort de la guerre froide.