Centrafrique: les élections quoi qu’il en coûte

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Les scrutins présidentiel et législatifs, promus par la communauté internationale, ont été maintenus, dimanche 27 décembre. À Bangui, les électeurs semblent au rendez-vous. Mais ailleurs, dans le pays, la situation est extrêmement confuse. Reportage.

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Bangui (Centrafrique).– Il est si frêle qu’on dirait qu’il va tomber. Mais monseigneur Joseph Ngoui, aube blanche, chapeau noir, canne et lunettes à gros foyers, a le pas aussi ferme que le verbe. Il sort de son bureau de vote où il a déposé dans l’urne deux bulletins. Sur l’un, il a coché le nom de son candidat à la présidentielle, sur l’autre celui de son préféré pour les législatives. L’index maculé d’encre noire indélébile, il parle avec l’autorité de celui qui a vécu toutes les vicissitudes du pays : « Nous ne voulons plus que le pouvoir soit gagné par les armes. C’est arrivé trop souvent ici. Nous voulons la paix et la démocratie et ça passe par le vote, affirme-t-il. Alors, en ces temps de bouleversements et de désordres, alors que nous sommes encore une fois envahis par les groupes armés, il faut plus que jamais voter. »