Islamabad appelle au dialogue avec l'Inde, malgré de nouveaux tirs

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Des tirs ont été échangés brièvement jeudi matin entre soldats pakistanais et soldats indiens le long de la ligne de démarcation au Cachemire, au lendemain d'incidents lors desquels des avions des deux camps ont été abattus et un pilote indien capturé par les Pakistanais.
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NEW DELHI/SRINAGAR (Reuters) - Des tirs ont été échangés brièvement jeudi matin entre soldats pakistanais et soldats indiens le long de la ligne de démarcation au Cachemire, au lendemain d'incidents lors desquels des avions des deux camps ont été abattus et un pilote indien capturé par les Pakistanais.

Les Etats-Unis, la Chine et d'autres puissances mondiales ont appelé à la retenue les deux géants du sous-continent indien, entre lesquels la tension est fortement montée dans la foulée d'un attentat suicide à la voiture piégée qui a fait une quarantaine de morts parmi des auxiliaires de police indiens, le 14 février dans la partie du Cachemire contrôlée par l'Inde.

Quant au Premier ministre pakistanais, Imran Khan, il a appelé à la tenue de pourparlers et a déclaré qu'en signe de bonne volonté, le pilote indien capturé serait libéré vendredi.

"En signe de bonne volonté, nous le libérerons demain", a dit Khan jeudi au parlement à Islamabad.

"L'histoire nous enseigne que les guerres sont truffées d'erreurs de jugements. Ma question est de savoir si, vu les armes en notre possession, nous pouvons nous permettre de telles erreurs de calcul", avait-il dit auparavant, lors d'une brève allocution télévisée à la nation. "Nous devons nous asseoir à la table et négocier".

Face aux échanges de tirs, le Pakistan a fermé son espace aérien, contraignant les compagnies aériennes à adopter des itinéraires de rechange. Thai Airways International a annoncé jeudi avoir annulé ses vols vers le Pakistan et l'Europe, ce qui a privé de vols des milliers de passagers à Bangkok.

TRUMP ET POMPEO ÉVOQUENT LA CRISE INDO-PAKISTANAISE

Mercredi, déjà, plusieurs compagnies, comme Emirates et Qatar Airways, ont suspendu leurs vols vers le Pakistan, tandis que d'autres, comme Singapore Airlines et British Airways, se sont vu contraintes à modifier leurs plans de vol pour éviter le Pakistan.

Jeudi matin, militaires indiens et pakistanais ont brièvement échangé des tirs à Poonch, district du Cachemire sous contrôle indien, selon un communiqué de l'armée indienne.

"L'armée indienne a riposté avec fermeté et efficacité", a déclaré un porte-parole du ministère de la Défense, le lieutenant-colonel Devender Anand.

Ces tirs ont cependant été sensiblement moins intenses que les échanges d'artillerie de mercredi.

Ce conflit intervient à un moment critique pour le Premier ministre indien, Narendra Modi, qui affrontera des élections législatives dans quelques mois.

A Hanoï, lors de sa conférence de presse de clôture du sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong un, Donald Trump a évoqué les tensions indo-pakistanaises et a déclaré que Washington s'employait à les apaiser.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, lui aussi à Hanoï, a dit avoir parlé séparément avec les ministres des Affaires étrangères indien et pakistanais, auxquels il a demandé de "donner priorité à une communication directe et d'éviter toute nouvelle activité militaire".

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