Covid-19: en Chine et en Inde, les nouveaux damnés de la terre

Par Éric Sautedé

La crise sanitaire et ses conséquences affectent particulièrement les « migrants de l'intérieur », travailleurs venus des campagnes. Des économistes chinois voient la possibilité d’un mouvement social d’ampleur. En Inde, le taux de chômage a franchi la barre des 59 % dans certains États.

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Hong Kong (Chine).– C’est maintenant une évidence : l’égalité devant l’épidémie du coronavirus est une illusion, la maladie nous affecte différemment selon l’âge, la classe sociale dont on est issu, l’origine ethnique aussi – aux États-Unis, plusieurs études préliminaires ont déjà indiqué une surinfection et une surmorbidité chez les Afro-Américains et les Latinos. Surtout, une fois l’urgence sanitaire passée, le coronavirus risque fort de contribuer à accroître davantage encore les inégalités sociales. Ce terrible constat n’est pas l’apanage des pays développés, loin de là. Si la Chine et l’Inde sont respectivement les deuxième et cinquième économies du monde, elles demeurent avant tout des économies en transition et les deux plus grands réservoirs de main-d’œuvre de la planète.