Inde: l’échec de la politique de Modi ouvre un nouveau laboratoire à l'économie mondiale

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Jean-Joseph Boillot, spécialiste de l’Inde, revient sur les cinq années de gestion des nationalistes hindous et analyse leurs erreurs. Selon lui, cet échec laisse la place à des expériences nouvelles, plus soucieuses de l’environnement et moins obsédées par la croissance du PIB.

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L’Inde qui se rend aux urnes du 11 avril au 19 mai est le champion du monde de la croissance économique, avec un taux de près de 7,5 % par an, désormais supérieur de plus d’un point à celui de la Chine. Mais derrière ce chiffre se cache une réalité bien plus complexe. Le pays qui, l’an prochain, sera sans doute le plus peuplé du monde, souffre d’un vrai malaise économique que les cinq ans de gouvernement du Parti nationaliste hindou (BJP) de Narendra Modi n’ont pas su apaiser. Les campagnes, où vivent encore deux tiers des Indiens, grondent et, plus généralement, les déceptions face à la politique libérale du BJP sont nombreuses. Alors que le premier ministre insiste sur la crise avec le Pakistan pour créer une unité nationale qui éluderait ces inquiétudes, l’opposition, en particulier le Parti du Congrès, tente de jouer sur la déception économique en répétant cette question : « Jobs kahan hain ? » (« Où sont les emplois ? » en hindi).