Le business du crime de guerre

Par et Hanneke Chin-A-Fo (NRC)

Un ancien procureur de la Cour pénale internationale qui défend les intérêts d’un homme d'affaires milliardaire, soutien de potentiels criminels de guerre ? C’est l’exploit réalisé en 2015 par Luis Moreno Ocampo sur fond d’après-guerre en Libye. Moyennant 750 000 dollars.

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L’affaire ICC 01/11 a débuté sur une touche kafkaïenne. Le 25 février 2011, à New York, les diplomates du Conseil de sécurité de l’ONU négocient les dernières virgules d’une résolution visant à saisir la Cour pénale internationale (CPI) des crimes commis en Libye. Le colonel Kadhafi n’ayant jamais ratifié le traité de 1998, fondateur de la cour mondiale, seules les puissances de l’ONU pouvaient l’activer. La veille de ce jour clé dans l’histoire de cette Cour, son procureur, Luis Moreno Ocampo, informé de l’évolution des débats par son ex-directrice de cabinet devenue diplomate, commente par mail : « Journée ensoleillée sur Buenos Aires. » S’il avait voulu parodier Franz Kafka marquant dans son agenda l’entrée dans la Première Guerre mondiale d’un « après-midi piscine », il n’aurait pas mieux fait.