Barcelone: la démonstration de force des anti-indépendantistes

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Des centaines de milliers de Catalans ont défilé dimanche pour « l’unité de l’Espagne ».

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Barcelone (Espagne), de notre envoyé spécial.-  Au deuxième jour de la « République de Catalogne », c’est un flot de drapeaux de l’État espagnol qui a envahi, dimanche 29 octobre, la principale artère de l’Eixample, en plein cœur de Barcelone, le Passeig de Gràcia. Dans ce quartier très chic de la capitale catalane, les partisans de l’« unité de l’Espagne » ont repris en boucle leur slogan favori : « Puigdemont, en prison ! » Dès lundi, Carles Puigdemont, président destitué de la Generalitat de Catalogne, pourrait être accusé de « rébellion » par la justice espagnole. On a également entendu, dans la foule, de très vigoureux « TV3 manipuladora ! » (« TV3, manipulatrice », en référence à la chaîne publique catalane, à la ligne éditoriale favorable aux indépendantistes).
Sous un soleil généreux, les manifestants affichaient tous des mines joyeuses, apparemment rassurés de se trouver si nombreux dans la rue. Le collectif à l’origine de la mobilisation, la Société civile catalane (SCC), s’est félicité de la présence de 1,1 million de personnes, alors que la police locale en a compté 300 000. Des partis politiques comme le PP (droite, au pouvoir à Madrid), Ciutadans (la déclinaison catalane de Ciudadanos, le parti de la droite libérale) et le PSC (les socialistes catalans) ont soutenu l’initiative, tout comme un réseau d’entreprises et de syndicats locaux. « Alors comme ça, on serait cinq ou six ? », chantaient certains manifestants, à l’adresse des indépendantistes, qui, souvent, ironisent sur la faiblesse des troupes « anti ».

C’est suffisamment rare, dans une manifestation aussi massive, pour le souligner : des milliers de Catalans se sont mis à applaudir à chaque fois qu’un hélicoptère passait au-dessus de leur tête, certains allant jusqu’à lancer : « Vive la police nationale ! » Les effectifs de la Guardia civil ont pourtant très mauvaise presse en Catalogne, depuis les violences policières du 1er octobre. D’autres participants arboraient un drapeau de l’UE, qui s’est refusée, depuis le début de la crise, à soutenir le camp indépendantiste.