En Iran, les immigrés afghans font même la guerre

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Le recours à des supplétifs afghans pour faire la guerre en Syrie, réalisé en catimini par les autorités iraniennes, jette, en miroir, une lumière crue sur la situation des trois millions d’Afghans d’Iran. Lorsqu’ils ne sont ni combattants ni chiites, ils restent méprisés, préposés aux travaux dont les Iraniens ne veulent pas et sous la menace constante d’être renvoyés dans leur pays.

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De notre envoyé spécial à Téhéran (Iran).- « Les militaires iraniens nous ont sélectionnés en séparant ceux qui étaient aptes au combat et les autres. Ils m’ont mis avec un groupe de vingt personnes, tandis qu’ils ont renvoyé mon cousin en Afghanistan. Nous n’avons pas eu le choix. Ils nous ont forcés à nous entraîner puis à combattre. Ils disaient : “Vous allez partir combattre en Syrie, mourir en martyr, et c’est une bonne chose.” » Ce témoignage de Masheed Ahmadzai, un adolescent afghan de 17 ans aujourd’hui réfugié en Grèce, fait partie d’un rapport de Human Rights Watch publié le 29 janvier dernier. Rapport qui a fait émerger le monde occulté des Afghans que l’Iran envoie combattre en Syrie, mais aussi le continent enfoui des trois millions d’Afghans vivant en Iran, dont les deux tiers de façon illégale.