Le FMI exclut de participer au plan de sauvetage grec, en l'état

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L’organisation internationale exige des pays européens, avant de s'engager, une restructuration importante de la dette grecque.

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L’espoir de signer le 18 août un accord sur le troisième plan de sauvetage grec fond comme neige au soleil. Condamné par de nombreux économistes de toute obédience, qui le considèrent comme irréaliste, le plan de sauvetage, tel qu’il a été arrêté le 13 juillet par les responsables européens, est aussi vivement critiqué par le Fonds monétaire international (FMI). Celui-ci a indiqué que le conseil considérait que la Grèce ne pouvait être qualifiée à un nouveau plan d’aide, en raison du haut niveau d’endettement du pays.

Bien que la représentante du FMI a rejoint mercredi les équipes de négociation à Athènes, le FMI refusera de participer au nouveau plan de sauvetage de la Grèce tant qu’un accord « explicite et concret » sur la restructuration de la dette entre les créanciers des pays de la zone euro n’aura pas été trouvé, a indiqué un responsable officiel.

La dette de la Grèce, qui était de 120 % du PIB  en 2010 dépasse désormais les 180 %. Selon une étude du FMI publiée début juillet, une restructuration est obligatoire pour permettre à l’économie grecque de rétablir. Celle-ci préconise soit une suspension de tout remboursement pendant 30 ans, soit une restructuration de l’ordre de 60 % consentie par les créanciers.

La position très ferme du FMI, qui reflète l’opinion du gouvernement américain, heurte les décisions européennes, très inspirées par les avis allemands. Les responsables des pays européens, qui détiennent désormais l’essentiel de la dette grecque, ont exclu jusqu’à présent de consentir tout allégement de la dette, demandé à de multiples reprises par l’ancien ministre grec des finances, Yanis Varoufakis. Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a même indiqué lors du fameux week-end du 12 juillet que toute restructuration était impossible dans le cadre des traités européens. Pour consentir une renégociation de la dette, la Grèce devait au préalable sortir de la zone euro, avait-il fait valoir.

La non-participation du FMI au plan de sauvetage risque de soulever de nombreux problèmes. Berlin avait déjà fait savoir qu’il lui serait difficile, sans la présence du FMI, d’obtenir le soutien des parlementaires allemands pour le nouveau plan de 86 milliards d’euros. De son côté, le premier ministre grec Alexis Tsipras bataille avec une partie de Syriza pour faire accepter l’accord du 13 juillet. Il espère obtenir un accord très rapide afin de faire taire les oppositions.

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