L'Europe s'inquiète du procès engagé contre le gouvernement en Turquie

Par
La Cour constitutionnelle turque a accepté de lancer une procédure d’interdiction du parti au pouvoir ainsi qu'à l'encontre de 71 de ses dirigeants, dont le Président, en raison d'activités «anti-laïques». Une décision qui inquiète l'Europe.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Les onze juges de la Cour constitutionnelle turque ont décidé, à l’unanimité, de donner suite à la demande faite par la cour de cassation d'interdire le Parti de la justice et du développement (AKP). Le procès est donc formellement lancé pour savoir si, oui ou non, il faut dissoudre le parti au pouvoir, accusé d'activités anti-laïques et s’il faut interdire 71 de ses cadres, dont le président Abdullah Gül et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, d’activités politiques pendant cinq ans. Le procès prendra des mois mais, d'ores et déjà, le procureur Abdurrahman Yalçinkaya à l’origine du recours accuse l'AKP d'être un «foyer d'activités allant à l'encontre de la laïcité», même si l’AKP, parti au pouvoir en Turquie depuis 2002, affirme avoir rompu avec l'islam politique, son leader, Recep Erdogan, se définissant comme un «démocrate conservateur», après avoir été un «musulman démocrate».