Le chef de l'Etat recevait hier les partenaires sociaux à l'Elysée pour un «bilan d'étape» des mesures prises contre la crise. Aucune mesure nouvelle n'a été annoncée. En revanche, il fut encore une fois question du «grand emprunt» qui apparaît de plus en plus comme un moyen de diversion face aux urgences sociales pointées par les syndicats. Une commission d'experts internationaux, une de plus, va être nommée. Plus que jamais, Nicolas Sarkozy dirige la partition du jeu social. Les syndicats se réunissent lundi à l'abri des caméras pour tenter de dépasser leurs divergences. Objectif : rester unis à la rentrée... Analyse.
François Fillon a réuni ses ministres dimanche 28 juin officiellement pour élaborer avec eux la façon de dépenser l'argent du grand emprunt national promis à Versailles par Nicolas Sarkozy. Et de construire, bien sûr, la «France de demain». Au sortir du séminaire, il semble pourtant que seul le volet réduction des dépenses ait été clairement amorcé. Pour ce qui est des projets d'avenir, la «vision» autoproclamée du couple exécutif reste encore dans les limbes, notamment pour ce qui est de l'environnement. Dès lors, l'emprunt de 2010 apparaît bien plus comme un référendum financier que comme un projet construit pour le pays. Analyse.
Le plan Obama de réforme de la régulation financière aux Etats-Unis, que les lobbys s'apprêtent déjà à dépecer au Congrès, souffre d'un défaut majeur: il ne s'attaque pas sérieusement au problème du «too big to fail» de ces institutions financières géantes, dont les dirigeants se croient tout permis dans la conviction que le contribuable sera toujours présent pour éponger les pertes. Le projet européen endossé au sommet de Bruxelles n'est pas meilleur. Analyse d'un manque regrettable d'audace. (Illustration: Tim Geithner et Barack Obama.)
14% des agents de Pôle emploi ont fait grève, jeudi, contre les conséquences de la fusion entre l'ANPE et l'Unedic et pour réclamer des moyens. Parmi les nouveaux chômeurs qui affluent au guichet, il n'y a pas que les licenciés. Des centaines de milliers d'intérimaires disparaissent en silence: ils sont la première variable d'ajustement de la crise. Le nombre de missions d'intérim s'effondre (graphique). Focus sur ces invisibles de la crise, dont les rangs devraient encore grossir au cours des prochains mois avec l'arrivée de 600.000 jeunes sur le marché du travail à la rentrée.
Le projet de loi sur le crédit à la consommation a été examiné au Sénat. Malgré le désastre lié aux crédits «revolving», les centaines de milliers de Français surendettés, le gouvernement a fait preuve d'une grande prudence: il se donne trois ans pour réfléchir à un éventuel «fichier positif», ce répertoire qui obligerait les distributeurs à ne plus accorder de prêts dans n'importe quelles conditions.
Omerta sur les chiffres, artifices comptables, sauvetages nationaux au cas par cas: les gouvernements européens ont appliqué à la crise bancaire systémique tous les «remèdes» qui garantissent sa prolongation indéterminée. Le tout dans un vide institutionnel abyssal puisque aucune institution européenne n'a de mandat pour se saisir du dossier. Avec la création temporaire d'une «Treuhand» bancaire européenne, les chercheurs Adam Posen (PIIE) et Nicolas Véron (Bruegel) démontrent que ce ne sont pas les solutions qui manquent. C'est la volonté politique. Analyse.
Quelle que soit l'issue des manifestations de ces derniers jours à Téhéran et ailleurs en Iran, la date du 12 juin 2009 restera comme un pivot. Selon la majorité des analystes, les fractures au sein du pouvoir, la déconnexion des élites et du peuple, et les nouveaux moyens de diffusion de l'information garantissent que même si elle est écrasée, la révolte marque une rupture pour la République islamique.
Dans son discours de dimanche, le premier ministre israélien a choisi de rassurer sa coalition droitière au risque de déclencher un conflit ouvert avec Washington. Les cinq conditions qu'il pose à la reconnaissance d'un Etat palestinien, en retrait par rapport à une «feuille de route» qu'il n'évoque même plus, sont tout simplement inacceptables pour les Palestiniens... et pour les Américains. Reste désormais à savoir comment le président des États-Unis va réagir face à cet allié qui voudrait faire passer pour une concession le statu quo dans une guerre larvée.
Ce ne serait pas la déflation qui menace l'économie mondiale, en dépit d'une baisse des prix en trompe-l'œil et temporaire, mais bien un retour de l'inflation galopante des années 70, voire pire. Une inflation non pas monétaire mais budgétaire, fabriquée par l'explosion de la dette publique sous l'effet des politiques de sauvetage des banques et des tentatives de relance de l'activité. Les banques centrales, particulièrement la Fed américaine, seront impuissantes face à un mécanisme adossé à un concept récent et controversé, «la théorie budgétaire du niveau des prix». Pas vraiment simple mais d'un intérêt majeur pour tenter de comprendre l'avenir. Analyse.