Les questions internationales n’ont guère été évoquées pendant la campagne électorale. Mais si nous ne regardons plus le monde, celui-ci nous regarde. Certains, comme Moscou, se réjouissent d’une possible victoire de l’extrême droite. D’autres, à l’instar de l’Allemagne, s’en inquiètent.
Dans cette campagne éclair, les urgences écologiques ont disparu des radars. La dégradation des écosystèmes comme de notre santé et l’alignement sur les intérêts de l’agro-industrie sont pourtant au cœur du projet de l’extrême droite. Au détriment des plus précaires.
Sans un large front des électeurs et électrices attachées aux valeurs démocratiques, humanistes et progressistes, le Rassemblement national aura dimanche une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Quoi qu’il arrive, le combat contre le racisme et pour des vies dignes sera plus indispensable que jamais.
Comme dans les années 1920 et 1930, ce sont les droites apeurées par les conséquences de leurs propres échecs qui ouvrent la porte du pouvoir à l’extrême droite. L’ordre social et économique passe avant les leçons de l’histoire.
Si l’extrême droite est aux portes du pouvoir, c’est d’abord à cause de la faillite des élites françaises. Comme lors de la débâcle de juin 1940, si remarquablement décrite par Marc Bloch dans « L’Étrange défaite », il est urgent de pointer les innombrables lâchetés ou complicités qui ont conduit à cette catastrophe démocratique.
Alors que le Rassemblement national a mis un pied dans la porte du pouvoir, les dirigeants de la majorité ont été incapables d’appeler clairement à lui faire barrage au second tour. Par calculs politiciens, ils s’apprêtent à lui ouvrir grand les grilles de Matignon.
À l’orée du premier tour des législatives, seules les forces de gauche et des écologistes sont à même de barrer la route à l’extrême droite. Portées par une dynamique citoyenne, elles sont en mesure, pour la première fois depuis plus de vingt ans, de répondre à l’urgence sociale, démocratique et climatique, et de lutter contre les discriminations.
Enjeux inédits, inanité du débat public, folie médiatique, rythme politique infernal, boussoles qui indiquent le sud, barrages qui proposent la noyade… Les législatives des 30 juin et 7 juillet mettent les nerfs à rude épreuve.
Depuis la dissolution, le traitement médiatique de la campagne brouille les repères moraux et historiques en diabolisant le Nouveau Front populaire et en amplifiant la rhétorique confusionniste des « extrêmes ». Au risque de dresser un front républicain contre l’union des gauches.
L’alliance électorale et programmatique du Nouveau Front populaire, pour enrayer un rouleau compresseur médiatique hostile et désarmer celles et ceux qui tirent contre leur camp en dénonçant déjà des reniements ou en annonçant déjà des renoncements, doit penser dès maintenant au jour d’après.