L’intervention du chef de l’État pratiquement à la veille du scrutin européen illustre, une nouvelle fois, l’omnipotence du pouvoir présidentiel français. Mais elle confirme aussi qu’à cette pathologie institutionnelle, ruineuse pour la démocratie, s’ajoute l’usage particulièrement toxique qu’en fait cette présidence.
Une crise agricole et d’impressionnants reculs ; deux grands débats télévisés qui traitent l’écologie par le petit bout de la lorgnette : la campagne des européennes a rendu l’écologie politique inaudible.
Dès le rachat des turbines Arabelle, Emmanuel Macron s’est empressé le 31 mai de célébrer l’opération. C’est pourtant lui qui avait organisé leur vente, sept ans auparavant. Mais si les turbines reviennent, la technologie est passée sous contrôle américain.
En privilégiant l’usage de la force au compromis politique, en évoquant l’idée de soumettre au référendum national la question du dégel du corps électoral, et en niant les racines du problème, le chef de l’État renoue avec les démons de la République.
La frappe meurtrière qui s’est abattue sur un camp de déplacés à Rafah révèle, une nouvelle fois, l’extrême violence de la guerre menée par Israël depuis bientôt huit mois. Les pays occidentaux, dont la France, ne peuvent plus se contenter de condamnations de façade.
L’antisémitisme est dans l’air du temps, au point d’être attisé par des provocations étrangères. Ni son instrumentalisation au service de la cause israélienne, ni l’existence d’autres racismes à combattre ne justifient qu’on en minore le danger.
Depuis plusieurs jours, certains médias, y compris sérieux, évoquent l’existence d’une supposée « liste » d’auteurs présumés de violences sexuelles, que Mediapart s’apprêterait à publier. C’est faux, évidemment. À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, le spectacle médiatique est pathétique.
Les frappes sur Rafah se poursuivent impunément, malgré les multiples mises en garde diplomatiques. Mais le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, continue de donner la priorité au sauvetage de sa coalition. La société civile israélienne est-elle prête au changement ?
Prévu après les Jeux olympiques, le départ annoncé du président de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, coupable d’avoir passé un accord contournant la réforme des retraites, est le symptôme d’une politique néolibérale qui utilise à plein la violence étatique.
Le président de la République propose d’instaurer un « devoir de visite » pour les pères en cas de séparation. Mais aux motifs d’égalité et de responsabilité partagée, cette idée peut s’avérer dangereuse.