Le très lourd bilan humanitaire des frappes de la coalition intervenant au Yémen sous commandement saoudien, documenté par un rapport de l’ONU publié le 28 août, cause de vifs débats chez certains alliés de Riyad – dont les Américains –, mais guère en France.
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D’après un rapport de l’ONU, le Saoudien Ibrahim al-Asiri, artificier en chef d’Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA), a été tué au Yémen courant 2017. Une information confirmée par un responsable américain.
Six pays européens, dont Malte où l’Aquarius a accosté mercredi 15 août, vont accueillir les 255 migrants recueillis par le navire humanitaire et les autorités maltaises. Pour comprendre les mouvements de population au départ de l’Afrique et à l’intérieur du continent, Mediapart a interrogé trois chercheuses. Entretien.
Une soixantaine de députés soutiennent une proposition de résolution pour la création d’une commission d’enquête sur les ventes d’armes françaises à la coalition internationale engagée dans le conflit au Yémen. L’initiative est bloquée par Marielle de Sarnez, la présidente de la commission des affaires étrangères, résume Amnesty international.
Outre la guerre au Yémen, la grande décision de politique étrangère du prince héritier saoudien ben Salmane concernait l’isolement du Qatar. Il est désormais acquis qu’il s’agit d’une erreur stratégique grossière, alors que l'émir du Qatar était reçu vendredi 6 juillet à l'Élysée.
Le ministère des armées a rendu public ce mercredi 4 juillet le rapport au Parlement sur les exportations d’armes en 2017. À eux seuls, le Proche et le Moyen-Orient représentent un peu plus de 60 % des exportations d’armement. En matière de transparence, le compte n’y est pas.
Emmanuel Macron est très fier d’avoir obtenu de l’Arabie saoudite la tenue d’une réunion à Paris pour faciliter l’accès humanitaire au Yémen. Pourtant, la France continue d’être impliquée indirectement dans le conflit.
Des Indiens croient pouvoir y faire la promotion de bombes à sous-munitions et de mines antipersonnel interdites. On y croise des délégations venues d’Arabie saoudite, un très bon client de la France, accusé de tuer des civils au Yémen avec des armes françaises : Eurosatory est l’une des plus grandes foires de l’armement au monde.
Officiellement, l’Élysée ne veut parler que de « partenariat technologique » lors de la visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane en France du 8 au 10 avril. Officieusement, l’exécutif est sous pression pour ses ventes d’armes au Royaume, qui alimentent le conflit au Yémen.
Dans la nuit du 25 au 26 mars 2015, une coalition dirigée par l’Arabie saoudite lançait une offensive au Yémen qui se poursuit actuellement, faisant plus de 10 000 morts civils d’après les derniers chiffres connus. Une étude juridique, rendue publique le 20 mars par les ONG Amnesty International et ACAT, interroge la légalité des transferts d’armes de la France dans le cadre de ce conflit.