Tiens, Al-Qaïda Maghreb islamique parle, comme Claude Guéant, de «croisade». Robert Gates se prend les pieds dans une interview à la télévision Al Arabiya. Le quotidien égyptien Al Masri Al Youm s'inquiète de ce Grand Moyen-Orient vu du Pentagone. El Watan s'indigne... La guerre en Libye et ses ambiguïtés relancent les pires scénarios dans les médias arabes. Une revue faite par Tewfik Hakem.
La recherche a évolué
Aidez-nous à l’améliorer en répondant à quelques questions
Nicolas Sarkozy a dû reculer: l'Otan prendra en charge l'essentiel des opérations militaires en Libye. Le conseil européen devrait se pencher vendredi sur l'«après-Kadhafi» et la sortie de conflit. En Syrie, le régime lâche du lest après les combats de Deraa qui auraient fait cent morts. Les manifestations continuent de secouer le Yémen.
La résolution 1973 adoptée par la coalition internationale pour «protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaques» en Libye en utilisant «toutes les mesures nécessaires» laisse nombre d'ambiguïtés. D'abord réticente pour intervenir en Libye, la France a changé de position pour s'engager pleinement. Une opération de «communication politique», dixit un chercheur, pour qui de nombreuses questions restent en suspens.
Chercheur au Caire, Alaa Al-Din Arafat revient d'une mission de deux semaines en Libye, dont il est rentré vendredi dernier. Il raconte l'attente des insurgés libyens, les enjeux de cette révolution par rapport aux révoltes qui montent en Arabie saoudite, au Yémen et en Syrie. Entretien.
Au-delà d'un soutien général à la rébellion contre Kadhafi, les interrogations montent sur les modalités et les buts de l'intervention franco-anglo-américaine. Le précédent irakien, le pétrole, le soutien aveugle à la monarchie saoudienne..., mais aussi la volte-face de la Ligue arabe et la nécessité d'accélérer les processus démocratiques: que disent les journaux et blogs arabes? Un article de Tewfik Hakem.
L'historienne Françoise Blum relie les révolutions arabes, actuellement à l'œuvre, aux mouvements ayant parcouru l'Afrique de 1965 à 1972. L'Occident ne vit alors que de simples émeutes de la faim dans ces soulèvements aux ambitions politiques universelles... Entretien vidéo.
À l'issue de la réunion de Paris, les alliés occidentaux et arabes ont exigé que les forces loyalistes libyennes se retirent des villes qu'elles ont reconquises. Mais pour cela, il faut surtout espérer que le régime flanche et se délite.
Les frappes aériennes pourraient intervenir dans les prochaines heures. La France participera à l'opération. Mouammar Kadhafi annonce qu'il va gagner grâce au soutien du peuple libyen. Au Yémen et à Bahreïn, la répression se poursuit.
Alors que les Palestiniens manifestent pour réclamer le retour à l'unité de leur mouvement national, Israël ne parvient pas encore à penser le Proche-Orient de demain. La peur de l'islam, du renouveau égyptien, dominent dans les interventions publiques des responsables de droite comme de gauche, de l'ancienne comme de la nouvelle génération.
Alors que les forces de Kadhafi attaquent Misrata, une offensive contre Benghazi se prépare. Saïf Al-Islam Kadhafi affirme que dans «48 heures, tout sera fini». Selon lui, la Libye a financé la campagne électorale de Nicolas Sarkozy. A Bahreïn, l'assaut des forces de sécurité a fait au moins cinq morts.