Réintroduction de pesticides dangereux, mégabassines, passage en force à l’Assemblée nationale et sur l’A69 : sur la défense des écosystèmes, de la biodiversité et de la santé, la marche arrière est enclenchée. Dans « À l’air libre », échange sur ce grand retour de bâton écologique, qui n’est peut-être pas inéluctable.
L’Assemblée nationale a voté lundi 26 mai une motion de rejet sur le texte visant à réintroduire des insecticides tueurs d’abeilles et à lever d’autres garde-fous environnementaux. Pour en réalité contourner le débat parlementaire et mieux pouvoir le faire appliquer.
L’Assemblée nationale examine à partir de lundi la proposition de loi « Duplomb », une somme de reculs écologiques avancée comme une nouvelle réponse à la « colère agricole ». Un texte qui divise au sein même du camp présidentiel.
Examinée cette semaine à l’Assemblée, la proposition de loi visant à « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur » pourrait introduire de graves reculs pour la protection du vivant. Au point de diviser une Macronie aux positions très variables face aux urgences écologiques.
Le 19 mai, le sénat a rendu public le rapport de sa commission d’enquête sur le scandale des eaux en bouteille. Outre les pratiques frauduleuses de Nestlé, les sénateurs pointent la responsabilité « du sommet de l’État » et de ses représentants, intervenus pour couvrir la multinationale.
Ancien président du syndicat agricole et de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, Alain Bernier est accusé d’avoir agressé une technicienne mandatée pour répertorier les zones humides de l’estuaire de la Loire. Deux plaintes ont été déposées, sur fond de conflit entre agriculteurs et institutions.
La commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a achevé vendredi 16 mai l’examen de la proposition de loi « Duplomb ». Elle a réintroduit la plupart des reculs écologiques qui avaient été retirés en commission développement durable.
La proposition de loi « Duplomb », qui ouvre la voie à la réautorisation des insecticides tueurs d’abeilles et remet en cause l’indépendance de l’Anses, a été vidée de sa substance les 6 et 7 mai par la commission développement durable de l’Assemblée nationale.
Le 7 mai, le préfet du Gard a interdit à Nestlé de poursuivre la production des eaux Perrier avec des traitements de désinfection non réglementaires. Un délai de deux mois lui est octroyé. Au-delà, la poursuite de l’activité semble compromise compte tenu des contaminations fréquentes des eaux.
Agnès Pannier-Runacher pour la transition écologique et Annie Genevard pour l’agriculture ont annoncé officiellement jeudi 17 avril dix mesures de « sortie de crise » pour la police de l’environnement. Mais sur la question du port d’arme, les deux ministres ont divergé.
Présentée lors d’une assemblée générale dans la Manche, puis mise en ligne le 21 mars quelques heures avant son retrait, une vidéo du syndicat agricole majoritaire mettait en scène le meurtre d’un agent de la police de l’environnement. Selon nos informations, la justice a été saisie.
Utilisation de pesticides, accaparement de la ressource en eau... La culture de pommes de terre pour la fabrication de chips est sous le feu des critiques. Mais leur consommation ne cesse d’augmenter, à tel point que l’usine bretonne de la société Altho, qui détient la marque Brets, est en train de construire une nouvelle unité.
Le statut de protection du loup vient de passer d’espèce « strictement protégée » à « protégée » sur le continent européen. Cet assouplissement, dont les effets sont encore incertains, inquiète les scientifiques, et ravit les syndicats agricoles.
Après être passé sous la barre des 50 % aux élections agricoles, le syndicat historique voit sa direction serrer les rangs et camper sur ses positions. Mais l’adhésion de la base et le financement public de la FNSEA en ont pris un coup.
Au cours de sa visite au Salon de l’agriculture, lundi 24 février, le premier ministre a mis en avant ses origines paysannes et valorisé les identités régionales. Et surtout évité les questions qui fâchent.
Le salon démarre samedi 22 février, sur fond de paysage syndical bouleversé et alors que l’agenda politique n’a jamais été aussi anti-écologique. Marquera-t-il la fin de la colère dans le secteur ?