Pendant que Richard Descoings poursuit son tour de France des lycées en vue de leur réforme, les lycées professionnels – qui rassemblent un tiers des lycéens français – effectuent discrètement leur mue. Il s'agit, dès la rentrée 2009, de généraliser le bac pro trois ans au lieu de quatre, et de supprimer les BEP. Une nouvelle voie professionnelle «revalorisée», plus qualifiée, ouvrant sur l'enseignement supérieur mais qui peut laisser au bord de la route les élèves les plus fragiles. Au vu des premières expérimentations, un rapport de 2005 de l'éducation nationale était très critique.
Le passage du décret sur le statut des enseignants-chercheurs en conseil des ministres mercredi matin sonne-t-il le glas du mouvement dans les universités? C'est ce que semble croire le gouvernement. Mais l'accélération du processus de promulgation du texte qui a mis le feu aux poudres dans l'enseignement supérieur suscite la colère des universitaires.
Limiter l'échec en première année de licence en améliorant l'orientation des lycéens, tel est le pari du dispositif d'orientation active qui doit être généralisé en 2010. Malgré ses efforts, l'université reste pour beaucoup un second choix, faute d'avoir pu intégrer une filière plus sélective.
Plus de 120.000 jeunes quittent chaque année le système scolaire français sans diplôme. Donc, avec un fort handicap sur le marché de l'emploi, puisqu'en France, le poids de la formation initiale est très important, et les allers-retours entre emploi et formation peu aisés. Pour ces décrocheurs, la seconde chance prend souvent la forme d’un projet professionnel plus ou moins voulu. Rares sont les structures qui leur proposent de reprendre des études plus longues.
À la huitième semaine du mouvement contre les réformes de l'enseignement supérieur et de la recherche, les signes de radicalisation sont nombreux : la Sorbonne et le CNRS ont été investis, jeudi 26 mars, par des manifestants en colère. Au CNRS, les occupants ont lancé un ultimatum au gouvernement, réclamant le rétablissement des postes supprimés.
Pensées par leurs opposants comme des projets sarkozystes, les réformes en cours à l'université et dans les organismes de recherche trouvent leur origine dans des stratégies ébauchées par l'Union européenne. Et, en Italie comme en Finlande, grèves et manifestations se succèdent. Alors que se tient jusqu'au 29 avril en Belgique un contre-sommet européen de l'université et de la recherche, voici une analyse, avec Isabelle Bruno, des effets de l'importation d'outils managériaux venus du privé.
Inaudible depuis le début du conflit dans les facultés, le PS est-il victime de ses divisions apparues au grand jour sur la loi d'autonomie? Pour Bertrand Monthubert (photo), nouveau secrétaire national socialiste à l'enseignement supérieur et ancien président de Sauvons la recherche, le gouvernement commet une erreur idéologique en voulant mettre en concurrence les universités. Entretien et vidéos alors qu'une nouvelle journée de manifestations est organisée ce mercredi.
La réécriture du décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs suffira-t-elle à apaiser le mouvement des universités contre le gouvernement? Valérie Pécresse reçoit, vendredi 27 février, les présidents d'université puis les syndicats dans l'espoir d'un accord. Mais le Snesup, majoritaire dans le supérieur, boycotte le rendez-vous. Surtout, la colère des universitaires dépasse le seul décret: suite et fin de notre reportage vidéo à l'université du littoral-côte d'Opale.
Les enseignants-chercheurs organisent une nouvelle journée de mobilisation, jeudi. Reportage vidéo à l'université du littoral-côte d'Opale (Ulco), petite fac de proximité du nord de la France: 11.000 étudiants, 38% de boursiers, 40% de précaires chez les personnels non enseignants.
Entre 40.000 et 80.000 personnes ont manifesté hier en France contre les réformes en cours dans l'enseignement supérieur. Douze présidents d'université lancent un appel solennel au retrait de toutes «les réformes contestées».
Notre carte des universités en grève. La contestation contre le projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs et celui sur la formation des enseignants s'intensifie . Mediapart publie la carte des universités en grève: grèves actives, rétention de notes, blocage des maquettes destinées aux IUFM... Lire aussi, le directeur "désobéissant" sera puni.
Éducation et enseignement supérieur — Note de veille
«Jamais peut-être on n'avait demandé, en si peu de temps, autant d'efforts à tous les personnels de l'éducation nationale», a reconnu Nicolas Sarkozy lors de ses vœux au personnel de l'éducation le 12 janvier. Réforme du lycée, réforme de l'école primaire en période de pénurie budgétaire: tour de piste des sujets de mécontentement des enseignants.
Et face à la grogne des lycéens, Martin Hirsch a été nommé haut-commissaire à la jeunesse. Lire aussi
Un portrait de Martin Hirsch et notre série "Avoir 20 ans et être pauvre en France".
C'est l'un des paradoxes de l'année 2008. D'un côté, une crise d'une violence jamais vue depuis 1929, qui aiguise la curiosité des citoyens pour la chose économique. De l'autre, des menaces répétées de disparition de l'enseignement des sciences économiques et sociales (SES) au lycée – qui ne se sont finalement pas concrétisées. Comment ce grand écart a-t-il été vécu dans les classes pendant des mois? Comment raconter un séisme financier aussi complexe à des élèves de 15 ans? Comment enseigner une matière qui risque de disparaître? Trois profs de «SES» prennent la parole.
Éducation et enseignement supérieur — Note de veille
Trois dossiers chauds attendent le nouveau bureau de la conférence des présidents d'université, qui doit être renouvelé jeudi 18 décembre: les budgets, la réforme de la formation des enseignants et la modulation des heures de cours des enseignants-chercheurs.
Sept cents enseignants du premier degré sont entrés «en désobéissance». Ils n'appliquent pas les nouveaux programmes et n'assurent pas l'aide personnalisée au moment où les postes du «Rased» (réseau d'aide aux élèves en difficulté) sont supprimés. Quelques-uns ont été sanctionnés, avec retenue de salaire à la clé. Reportage à Montpellier et Marseille (pour voir le diaporama, cliquer sur l'image). Lire aussi le billet de notre abonné Sébastien Rome et l'article de Jade Lindgaard:
Après la mobilisation dans les lycées, l’université?
La colère des profs de sciences économiques et sociales enfle. Ils étaient 1.500 à manifester, le 3 décembre, dans les rues de Paris, contre le projet de réforme de la seconde. Alors que le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, doit rendre ses derniers arbitrages d'ici au 15 décembre, la liste des inquiétudes pesant sur les «SES» ne cesse de s'allonger. La discipline pourrait voir ses effectifs s'effondrer. Elle pourrait même disparaître, au profit d'un apprentissage plus lisse de l'économie de marché, conformément aux vœux du patronat français... Enquête.