Des personnalités politiques et universitaires de haut vol cèdent aux sirènes de l’enseignement supérieur privé. Les établissements payants surfent sur le boom de l’apprentissage et fleurissent grâce à l’argent public, en marge d’une sélection accrue à l’université. Ils accueillent désormais un quart des étudiants.
Nouveau coup de canif dans le statut, sens du métier abîmé : les réserves des enseignants face au « pacte » que leur propose le ministre de l’éducation nationale sont nombreuses. Elles pourraient même compromettre la mise en œuvre réelle du dispositif à la rentrée. Témoignages.
Comment cheminent les informations sur les atteintes à la laïcité à l’école, une fois transmises par les chefs d’établissement ? À Brest, moins de 24 heures ont été nécessaires pour qu’un incident mineur avec un lycéen musulman, dispensé d’intervenir en stage dans une église, arrive aux oreilles du renseignement territorial.
Il a été le « coup de com’ » du chef de l’État, son flanc gauche paré de tous les fantasmes, avant de finir sur la liste des éventuels remaniés. Alors que l’année scolaire s’achève, les premiers pas de l’universitaire Pap Ndiaye dans le costume de ministre montrent pourtant le cheminement d’un homme qui s’accommode fort bien du cap libéral fixé par Macron pour l’école.
Le conseil régional d’Île-de-France a voté, mercredi, pour débaptiser le lycée Angela-Davis, en Seine-Saint-Denis, et le renommer Rosa-Parks, malgré l’avis contraire émis par le ministre de l’éducation nationale.
Sarah El Haïry a annoncé vouloir, dès l’an prochain, intégrer le SNU au temps scolaire des classes de seconde. Sur la base du volontariat des élèves et des enseignants, pour le moment. Il s’agit de sauver le soldat SNU, coûte que coûte, et aux dépens des programmes, critiquent les organisations syndicales et de jeunesse.
L’école discrimine-t-elle ? Le sociologue Choukri Ben Ayed se saisit dans un nouvel ouvrage du débat en s’appuyant sur le cas des descendants de l’immigration nord-africaine. Si le propos bouscule, le livre est un vibrant plaidoyer pour un respect plein et entier du droit à l’éducation.
À la faculté de sciences historiques, les rémunérations versées en retard sont de plus en plus fréquentes et les délais s’allongent. Si la pratique est commune à l’université de Strasbourg, celle du département d’histoire s’est aggravée avec les départs successifs de gestionnaires puis du doyen.
Si le rectorat livre un rapport qui tance l’institution privée après des actes de censure LGBTphobes et contre le biopic sur Simone Veil, le contrat liant l’établissement à l’État n’est pas menacé. Les propos du proviseur concernant l’homosexualité sont en revanche signalés à la justice.
Inflation des candidatures, surcharge de travail, et des étudiants qui risquent quand même de finir sur le carreau. La plateforme « Mon master » parachève un processus accru de sélection à l’université, qui rentre en collision avec l’idéal longtemps poursuivi de démocratiser au maximum le savoir.
Depuis les annonces d’Emmanuel Macron, des mouvements de contestation fleurissent dans nombre d’établissements, notamment en raison de la place prépondérante donnée à l’entreprise dans le projet de réforme du lycée professionnel. Décryptage dans cette émission de Mediapart consacrée à l’éducation.
Éducation et enseignement supérieur — Note de veille
Critiqué pour son manque d’ambition, le ministre de l’éducation, Pap Ndiaye, est interpellé par un rapport de la Cour des comptes. Il confirme le « net recul de la mixité sociale » dans l’enseignement catholique et appelle à revoir « en profondeur » les relations entre le privé et l’État.
Même si la plupart des personnels ont joué la montre, anticipant une forme de discrimination, la demande de recenser les élèves absents le jour d’une fête religieuse musulmane est bel est bien passée dans certaines académies. Pressé de questions, le ministère de l’intérieur s’emmêle les pinceaux.
À Montpellier et Toulouse, les services de renseignement ont demandé à des chefs d’établissement de communiquer le nombre d’absents lors de cette fête religieuse musulmane. Dimanche soir, face à l’indignation de nombre d’associations, le ministère de l’intérieur a fini par réagir en niant tout « fichage ».
Alors que le ministre Pap Ndiaye vient de signer un accord avec l’enseignement catholique, non contraignant, pour espérer résorber la sous-représentation des classes populaires dans les écoles privées, le sociologue Marco Oberti analyse pour Mediapart les dynamiques de ségrégation sociale dans l’Éducation nationale.
Le ministre de l'éducation Pap Ndiaye doit présenter son « plan mixité » le 11 mai, alors que la polémique enfle depuis la rentrée : comment l'école privée peut-elle accueillir aussi peu d’élèves boursiers et toucher autant d’argent de l’État ? Dans le public, on s’inquiète également d’un plan trop vague.