L’annonce d’une heure de remédiation en français et en mathématiques au collège, assurée sur la base du « volontariat » par les professeurs des écoles, relance le débat sur la revalorisation du salaire des enseignants. En arrière-plan, l’inquiétude sur le niveau des élèves français et le retour quotidien de la sacro-sainte dictée.
L’épouse du président de la République s’est dite jeudi favorable à l’instauration de l’uniforme dans les écoles de France. Une position à rebours de celle du gouvernement, le jour même où l’Assemblée nationale a prévu d’examiner une proposition de loi sur le sujet… déposée par le Rassemblement national.
Le parcours des pédagogues Célestin et Élise Freinet, revu par l’historienne Laurence De Cock dans son ouvrage « Une journée fasciste », offre un saisissant parallèle avec les attaques menées par l’extrême droite contre l’Éducation nationale aujourd’hui. Mais aussi les égarements militants à gauche, face au chaos.
Pour faire face à la menace de coupures d’électricité cet hiver, le gouvernement a brandi une possible fermeture des écoles le matin, au coup par coup. Cette politique repose, trois ans après l’épidémie de Covid, la question de l’obligation d’instruction des enfants, un principe sans cesse attaqué.
Sophie Djigo, enseignante de philosophie en classe préparatoire à Valenciennes, a été la cible d’une campagne en ligne parce qu’elle organisait une sortie pédagogique auprès d’une association d’aide aux migrants à Calais. Dans un entretien à Mediapart, elle demande à l’Éducation nationale de « protéger les collègues ».
Malgré le retour d’une heure et demie de maths en plus au lycée promise par le ministre de l’éducation nationale, le problème soulevé par la réforme de 2019 reste entier : une partie des élèves, les filles en particulier, se détournent des mathématiques, et plus largement des filières scientifiques. Des voix s’élèvent pour dénoncer une erreur « stratégique » face aux besoins du monde économique et de la recherche.
Deux ans de Covid, des piscines fermées pour affronter la flambée des prix de l’énergie, des créneaux de nage à l’école réduits faute d’enseignants : l’apprentissage de la natation marque le pas. Savoir nager – ou non – reste un marqueur social.
La voie de la concertation choisie pour mener la réforme du lycée professionnel déconcerte. Selon l’entourage de la ministre déléguée Carole Grandjean, tout est « ouvert » et des « investissements massifs » pourraient être mis sur la table. Dans le monde enseignant, certains veulent tenter le coup, d’autres ont déjà claqué la porte, échaudés par les précédents et les annonces hâtives du président de la République.
L’Éducation nationale permet aux enseignants qui ne peuvent plus faire classe en raison de leur état de santé de travailler depuis leur domicile, par le biais du Centre national d’enseignement à distance. Mais cet aménagement peut être remis en cause, et certains se considèrent alors poussés vers la sortie. Jusqu’au drame, parfois.
Parce qu’elles sont largement moins nombreuses dans les filières scientifiques et les plus sélectives, mieux dotées budgétairement que les autres, les femmes bénéficient d’un quart de financement public en moins que les hommes au cours de leurs études supérieures. C’est ce que démontre une note récente de l’Institut des politiques publiques.
Après une violente agression entre élèves, des parents d’un lycée de Seine-Saint-Denis ont déposé plainte contre le proviseur pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Les enseignants dénoncent, depuis plus d’un an, la « gestion chaotique » et « brutale » de ce dernier.
Après le suicide de la jeune fille en octobre 2021 et six mois d’enquête, la procureure de Mulhouse a classé l’affaire, estimant que le harcèlement scolaire n’était pas constitué. En colère, la famille s’appuie sur de nombreux éléments du dossiers, consultés par Mediapart, pour contester ces conclusions.
Le tabou qui entourait le recours à des accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH) privées commence à se dissiper au sein de l’Éducation nationale. Face à la pénurie de personnel, et au risque de l’inégalité, les familles accompagnées par des associations puisent dans leurs propres deniers pour assurer une véritable scolarisation de leurs enfants.
Alors vice-président délégué à la recherche à l’université de Strasbourg, Jay Rowell a enquêté à couvert pendant trois ans sur l’impact de la loi d’autonomie des universités en 2008. Le sociologue révèle les coulisses d’une marginalisation des sciences humaines et sociales au profit des sciences naturelles.
Dans une instruction aux préfets, lundi, le ministre de l’intérieur mobilise contre « une offensive islamiste ». Son collègue à l’Éducation nationale est pris dans une énième polémique sur la laïcité, après avoir évoqué le port de vêtements religieux « par destination ». Sur le terrain, les demandes des enseignants sont parfois contradictoires.
Des données sur « l’indice de position sociale » des écoles et collèges, que le ministère a été contraint de publier mercredi, confirment à quel point l’école privée sous contrat se préoccupe peu de mixité sociale. Un « tabou » qui pèse lourd sur l’école publique, qui concentre toutes les difficultés.