Face au fléau des absences non remplacées d’enseignants, le ministre de l’éducation nationale cible la formation continue des profs. Qui ne devrait plus se faire sur les temps de cours. Première victime collatérale : l’enseignement des arts et de la culture.
Alors que le scandale enfle autour de la réponse faite par le rectorat de Versailles à la famille du jeune Nicolas, se pose la question du crédit que l’Éducation nationale accorde à la parole des parents. Comme de la place qu’elle leur laisse à l’école.
Le rectorat de Versailles avait adressé un courrier menaçant aux parents de l’adolescent victime de harcèlement scolaire. Face au tollé, le gouvernement veut se montrer réactif.
Les syndicats brandissent le chiffre d’un enseignant manquant dans la moitié des collèges et lycées au moins. Mais le nombre d’infirmières, de psychologues, de conseillers d’éducation, de surveillants et de personnel administratif est aussi insuffisant. Dans les établissements, la tension monte.
Autorité, savoirs fondamentaux, laïcité et uniforme : depuis la rentrée, Emmanuel Macron a placé l’école, nouveau « domaine réservé », sur les rails de la nostalgie. Une stratégie politique censée plaire à la droite, dans un quinquennat enlisé. Nouveau ministre en charge, Gabriel Attal navigue pour l’instant entre cette feuille de route conservatrice et les aspirations du corps enseignant.
Faute d’une augmentation massive des postes de titulaires, l’université envoie au casse-pipe une partie des chercheurs, qui finissent par abandonner leurs travaux après des années de précarité. Les mobilisations de ces derniers mois, sur le régime de vacation en particulier, ne sont pas près de s’éteindre.
Saisie en urgence par une association de défense des droits des musulmans, l’institution a rejeté le référé contre l’interdiction du port de l’abaya ou du qamis dans les établissements scolaires. Elle estime que cette mesure « ne porte pas une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ».
Les vagues de chaleur transforment les écoles en bouilloires dans certains départements. Le chantier colossal de la rénovation énergétique des bâtiments scolaires n’en est qu’à ses balbutiements.
Saisi par une association de défense des droits des musulmans, le Conseil d’État est appelé à trancher la question de l’interdiction des abayas et des qamis à l’école. Lors d’une audience, mardi, le ministère de l’éducation a récusé toute discrimination, considérant ces vêtements comme religieux « en soi ».
Les élèves musulmanes craignent de ne pas passer les grilles, les enseignants redoutent une « crispation », les chefs d’établissement semblent plutôt satisfaits de la « clarification ». Malgré l’annonce tonitruante de l’interdiction des abayas par Gabriel Attal, le flou persiste dans les classes.
La Défenseure des droits alerte sur les très nombreux enfants toujours privés d’école. Les enjeux sont connus : manque de moyens, précarité, handicap, discrimination vis-à-vis des familles étrangères et des enfants ultramarins. Un sujet qui déchaîne moins de passions que d’autres.
En publiant une vidéo rendant grâce à Martin Luther King, sans un seul enfant noir et sans évoquer une seule fois son combat contre la ségrégation raciale, le ministère de l’éducation s’attire une pluie de critiques. Ce n’est pas la première fois que la France fait preuve de mémoire sélective sur les figures des droits civiques américaines.
Machine arrière sur la réforme du bac, appel à l’union nationale pour contrer le problème des « heures perdues » : Gabriel Attal marche sur une ligne de crête pour ne pas braquer les professeurs avant la rentrée. Une partie de son plan repose cependant sur le pacte bâti par Pap Ndiaye, que beaucoup d’enseignants refusent de signer.
La chercheuse en droit public Julie Arroyo revient sur l’annonce de Gabriel Attal, qui souhaite interdire le port des abayas et des qamis dans les établissements scolaires. Cette extension de la loi de 2004 sur le voile, si elle se traduisait par une interdiction générale et absolue de ces vêtements, ne lui semble pas tenable en droit.
Le nouveau ministre de l’éducation nationale a un problème majeur : il va encore manquer beaucoup d’enseignants dans les établissements scolaires à la rentrée. Pour compenser, il propose des « modules numériques », de quoi relancer le débat sur l’illusion technologique face au manque de moyens.
Le président de la République est décidément de la vieille école. Tout à son projet de « reciviliser » une « partie de la jeunesse », il veut faire de l’éducation son « domaine réservé », en lui appliquant des recettes déjà datées.