Entre Sciences-Po et les médias français, c'est la lune de miel. Très peu de voix critiques à son encontre se font entendre. Mais le prestige de l'école et son pouvoir d'attraction n'expliquent pas tout. Sous l'égide de son directeur, l'IEP a mis en place une stratégie de communication redoutablement efficace. Fin de notre enquête sur la rue Saint-Guillaume.
Rémunérations des salariés liées à la satisfaction des étudiants, formulaires d'évaluation obligatoires, cours remplacés par des vidéos en ligne, américanisation des diplômes: Sciences-Po vit à l'heure du «new management». L'école se veut «une entreprise de services d'éducation». Cette mutation, accompagnée d'un cycle de réformes permanentes depuis 13 ans, a dégradé les conditions de travail des personnels dans l'indifférence générale. Certains d'entre eux dénoncent pourtant un «management de la terreur», fait de stress et de coups d'éclat permanents. Troisième volet de notre enquête sur Sciences-Po.
Malgré son aspect bling-bling et un discours décomplexé sur le mécénat d'entreprise totalement assumé par sa direction, Sciences-Po est en réalité toujours majoritairement financé par l'Etat et les collectivités locales. Sans que ces subsides publics ne soient soumis à un réel contrôle. Prise dans une course effrénée aux financements, l'école multiplie les collaborations parfois très étroites avec les multinationales qui la soutiennent: pétrodollars, cursus Lagardère, bourses L'Oréal fleurissent rue Saint-Guillaume. Deuxième volet de notre enquête sur Sciences-Po.
Pourquoi s'intéresser à Sciences-Po ? Parce que c'est le modèle d'enseignement toujours brandi pour critiquer l'université et en déclarer la faillite. Premier volet de notre enquête: Richard Descoings règne en maître tout-puissant sur son école. En distribuant avantages matériels et «petites enveloppes», il a mis en place un «système de carottes», clientéliste et autoritaire.
Nicolas Sarkozy l’a annoncé hier : pour tous ceux qui quittent l’école à 16 ans, « l’apprentissage », « l’école de la seconde chance » ou « un contrat d’insertion » seront mobilisés afin de leur offrir une formation. Trois leviers qui ont la particularité d’être principalement financés par les collectivités territoriales et non par l’État. Mais surtout en ces temps de crise et de carnets de commandes vides, environ 15 % des jeunes souhaitant devenir apprentis n’ont pas trouvé d’employeur à la rentrée 2009.
L'Assemblée nationale vient d'adopter lundi 28 septembre une proposition de loi sur le «forfait communal» qui entend clore le débat sur le financement de l'école privée. Alors que quatre contentieux opposent actuellement les organismes de gestion des établissements catholiques (OGEC) aux communes, le texte fait consensus tant du côté des maires que de l'enseignement catholique, mais certaines voix crient à la dérive vers un financement individualisé et un chèque-éducation.
Dans le Lot-et-Garonne, Yolande Raulet, mère d'un enfant souffrant d'un légerhandicap mental a déposé plainte contre l'éducation nationale car sonfils n'a pu être scolarisé à la rentrée faute d'auxiliaire de viescolaire (AVS). Une trentaine d'enfants sont dans cette situation dans le département. Quelque 5000 auxiliaires, arrivés en fin decontrat en juin 2009, se retrouvent sur le marché du travail. C'est lerésultat d'une politique d'intégration scolaire des enfants handicapésbasée sur des emplois précaires.
L'éducation nationale les avait sanctionné de 32 jours de retrait de salaire pour avoir refusé d'appliquer l'aide personnalisée, mis en place par Xavier Darcos. Les deux enseignants «désobéisseurs» opposés aux réformes de l'école primaire ont ont obtenu du tribunal administratif de Marseille la suspension de ce retrait de salaire. Une seconde victoire pour le mouvement de résistance pédagogique après une décision semblable du tribunal de Montpellier le 9 juillet.
D'excellents résultats aux examens, un taux d'insertion professionnelle de 86% grâce notamment à des formations dans l’agroalimentaire et l’aménagement paysager : en ces temps de chômage des jeunes, l'enseignement agricole présente un bilan à faire pâlir d'envie. Pourtant, au fil des réductions de postes, il se délite peu à peu. Le nouveau ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire, en aurait-il pris conscience? C'est ce qu'espèrent les syndicats de l'enseignement agricole publique qui viennent de mettre fin à leur action de retenue des notes de brevet professionnel et de bac pro.
C'est «le plus grand plan social depuis le début de la crise, initié par l'Etat lui-même», selon Jean-Paul Huchon, président PS du conseil régional d'Ile-de-France et il est entré en action : 30.000 employés de vie scolaire sont au chômage depuis le 30 juin. Le nouveau ministre de l'éducation, Luc Chatel, s'est pris les pieds dans le tapis en confondant les EVS avec d'autres contrats précaires. «L'éducation nationale elle-même ne s'y retrouve plus dans ses contrats précaires», moque Dominique Thoby, secrétaire nationale du Syndicat des enseignants (Se-Unsa).
30.000 contrats emplois vie scolaire sont arrivés à terme mardi 30 juin. D'une durée de trois ans, ils avaient pour objectif d'accompagner les élèves en situation de handicap dans les écoles. Une délégation s'est rendue à l'Elysée pour déposer plus de 21.000 pétitions, et lutter contre la non-reconduction de ces contrats.
Depuis 2005, le nombre d'enfants handicapés fréquentant l'école de la République a augmenté de 30%. Mais derrière cette politique volontariste affichée par le gouvernement, l'aide aux enfants handicapés est assurée par des contrats précaires, souvent sans formation, ni avenir. 30.000 emplois de vie scolaire (EVS) verront ainsi leur contrat s’arrêter le 30 juin prochain. Alors, le 17 juin, les EVS se rassembleront devant les Pôles Emploi dans tous les départements pour «dresser des murs de la honte».
L'accord signé en décembre 2008 entre la France et le Vatican sur la reconnaissance des diplômes des universités catholiques est désormais applicable. Le décret du 16 avril 2009 brise le principe du monopole de l'Etat pour la délivrance des diplômes universitaires. Persuadées de son inconstitutionnalité, les associations de défense de la laïcité viennent de déposer un recours devant le Conseil d'Etat.
Ce mardi, la France doit se justifier devant le comité des droits de l'enfant de l'ONU sur la généralisation du fichier «Base élèves». Les opposants à ce fichier géant s'indignent que la décision de stocker les informations de quelque 6,5 millions d’élèves n’ait fait l’objet d’aucun débat.
A la veille de la journée d'action du 26 mai, zoom sur les résistances qui s'organisent dans l'école primaire. Six mois après le début du mouvement, les enseignants désobéisseurs sont aujourd'hui près de 3.000. Ce nombre peine à croître en raison des sanctions et des menaces. Mais ce mouvement est relayé par d'autres formes de protestation (photo: remise de lettres de désobéissance à l'inspection académique de l'Hérault, le 17 décembre 2008).