Né en 1980, deux années d'école à Marseille, deux autres à La Croix. Reporter spécialisé sur le Maghreb et le Moyen-Orient pour Mediapart depuis 2008. Auteur de quatre essais, dont La révolution confisquée, enquête sur la transition démocratique en Tunisie (Actes Sud, 2012), et un roman, La Traversée du chien (Galaade, 2014). Dernière parution : Israël-Palestine, la paix n'aura pas lieu (Don Quichotte, 2015.)
Pour Laurence Louër, consultante permanente au Centre d’analyses et de prévisions (CAP) du ministère des affaires étrangères, l'Iran connaît un changement de régime, alors que la République islamique s'est, pour la première fois, «exonérée de la légitimité populaire».
L'Algérie a mal réagi aux révélations sur la responsabilité de l'armée algérienne dans la mort des moines de Tibéhirine en 1996. La presse algérienne a déclenché une vaste campagne contre les autorités françaises et le chef du gouvernement dénonce «une provocation». L'historien Benjamin Stora s'interroge sur les conséquences de ces révélations.
Près de trois semaines après l’élection contestée de Mahmoud Ahmadinejad, le régime iranien réprime chaque jour davantage les partisans d'une nouvelle présidentielle. À l’étranger, certains, comme Silvio Berlusconi, réclament que des sanctions contre Téhéran soient prises à l’occasion du prochain sommet du G8, qui se réunit à partir du mercredi 8 juillet. Mais à la Maison Blanche, la prudence est de mise. Car l’Iran est actuellement le pays le plus sanctionné au monde et, tôt ou tard, il faudra retourner à la table des négociations sur le dossier du nucléaire.
À Téhéran, les millions de manifestants qui battaient le pavé depuis le 13 juin sont rentrés chez eux, par crainte des représailles des Bassidji, ces miliciens liés aux gardiens de la révolution. Alors que le camp conservateur demeure divisé, le conseil des gardiens de la constitution a obtenu un nouveau délai de cinq jours pour examiner les preuves des fraudes lors du scrutin présidentiel présentées mercredi par le candidat conservateur Mir Hossein Moussavi. Mais pour la chercheuse Fariba Adelkhah, le régime iranien pourrait négocier une sortie de crise en promulguant une nouvelle loi électorale, sans pour autant remettre en cause la victoire de Mahmoud Ahmadinejad.
Mir Hossein Moussavi a appelé à la grève générale tandis le conseil des gardiens de la constitution affirmait mardi qu'il n'y avait pas d'«irrégularités» dans le scrutin présidentiel qui a vu vendredi 12 juin la victoire de Mahmoud Ahmadinejad, et qu'il n'y avait donc aucune raison de l'annuler. C'est en fait un véritable «coup d'Etat des gardiens» de la révolution (les Pasdarans) qui se serait produit en Iran, selon le chercheur Ali Alfoneh. État dans l'État, conglomérat économique et social incontournable, les gardiens soutiennent-ils aujourd'hui le choix du guide, en attendant de rêver de mieux demain ?
Le mandat de Pierre Gadonneix à la présidence d'EDF expire en novembre. Les prétendants à la tête du groupe public ne manquent pas. Mais pour quelle stratégie? L'expansion internationale et la promotion de l'EPR dans le monde sont au-delà des forces du groupe, déjà très endetté. «Le nucléaire nous fait courir un péril mortel. Il faudra choisir entre l'EPR et la Bourse», assure un haut cadre dirigeant du groupe. Les salariés craignent que cela ne conduise à l'achèvement du démantèlement et de la privatisation des morceaux de choix.
Mediapart publie deux articles extraits du numéro 27 de la revue La Pensée du midi, consacré à l'Iran, l'envers du miroir. Après Les nouveaux pahlavan de Téhéran, voici Un mawlawi contre les Pasdaran ?, un texte du chercheur Stéphane A. Dudoignon. Le renouveau de l’islam sunnite en Iran vu à travers l’itinéraire d’un grand chef religieux. Mawlana ‘Abd al-Hamid, shaykh al-islam de Zahedan, et la cause des sunnites d’Iran.
Mediapart publie deux articles extraits du numéro 27 de la revue La Pensée du midi, consacré à l'Iran, l'envers du miroir. Premier article, «Les nouveaux pahlavan de Téhéran», un texte écrit par deux chercheuses iraniennes, Mina Saïdi-Shahrouz* et Parvine Ghassemi.** Rassoul et Fatemeh sont les «nouveaux chevaliers» du quartier déshérité de Cyrus, figures à la fois emblématiques et singulières de l'Iran d'aujourd'hui.
Une grève générale après les affrontements? Le mot d'ordre commence à circuler dans le pays. Au moins 450 personnes ont été arrêtées ce week-end. Plusieurs ambassades ont ouvert leurs portes aux blessés de la manifestation de samedi (la télévision iranienne parle de treize morts). Le gouvernement iranien a convoqué les ambassadeurs européens en poste à Téhéran.Et lire le billet de blog: «La voix de Neda, 27 ans, ne se taira jamais».
Dans un discours prononcé en public vendredi, Ali Khamenei, plus haute autorité du régime, a tranché. Ahmadinejad a été élu président et le régime «ne cédera pas à la pression de la rue». La veille, des centaines de milliers de personnes avaient manifesté pour soutenir Moussavi. Une semaine après le scrutin présidentiel contesté, l'opposition entre Ahmadinejad et Moussavi en cache une autre, celle qui oppose depuis près de vingt ans deux lieutenants de Khomeiny, Khamenei et Rafsandjani, aujourd'hui les deux hommes les plus puissants du pays.
La tension monte entre la direction d'EDF et les salariés des centrales nucléaires. Alors que des mouvements de grève désorganisent la production et la maintenance des sites, EDF a décidé de réquisitionner les salariés grévistes. Ce conflit marque une rupture dans la tradition de l'entreprise publique. Au-delà des revendications salariales, les travailleurs du nucléaire sont inquiets sur l'évolution de leur métier, la montée d'une sous-traitance qui assume 80% des tâches dans les sites. Les appétits financiers qui s'expriment autour du parc nucléaire français les angoissent.
Combien sont-ils ? 1 million ? 11 millions ? Alors que les Iraniens descendent depuis lundi de plus en plus massivement dans les rues, tous redoutent la violence des Bassidji, ces miliciens parfois armés d'AK 47 dont ils n'hésitent pas à se servir. Qui sont-ils ? Qui les dirigent ? Sont-ils prêts à soutenir Ahmadinejad et le Guide jusqu'au bout ? Enquête sur ces miliciens en civil.
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Chères lectrices, chers lecteurs: Depuis janvier 2008, je couvrais pour Mediapart le Maghreb et le Moyen-Orient. Une mission qui, les premières années, fut à la fois exaltante et précaire, comme le sont les débuts des aventures.
Deux des témoins clés de l'enquête publiée en avril dans Mediapart sur l'ampleur et la responsabilité des purges dans l'inefficacité des services antiterroristes turcs ont été arrêtés après la tentative de coup d'Etat en Turquie. La répression engagée par Erdogan est désormais sans limite.
Jadis soutien actif de Ben Ali lorsqu'il était président du FMI, décoré par l'ancien dictateur tunisien, DSK, apprend-on dans Le Parisien, va se pencher «au chevet de la Tunisie» et «mettre ses compétences et son immense carnet d'adresses au service de la Tunisie».
Qu’est-ce que l’islam politique ? Qui sont les Frères musulmans ? À rebours d’une approche globalisante de l’islam politique, l’ouvrage dont j’ai eu le plaisir de diriger la rédaction et qui paraît ce jour a pour objectif de montrer que les organisations issues des Frères musulmans des différents pays du Maghreb et du Moyen-Orient ne constituent pas une seule et même entité mais prennent de multiples visages, qui s’opposent parfois radicalement.