Journaliste politique, chargé du suivi des extrêmes droites
Déclaration d’intérêts
Par souci de transparence vis-à-vis de ses lecteurs, les journalistes de Mediapart remplissent et rendent publique depuis 2018 une déclaration d’intérêts sur le modèle de celle remplie par les parlementaires et les hauts-fonctionnaires auprès de la Haute autorité de la transparence et de la vie publique (HATVP), instance créée en 2014 après les révélations de Mediapart sur l’affaire Cahuzac.
Après la condamnation de Marine Le Pen, le Rassemblement national oscille entre le déni et la contre-offensive. Incapable d’explorer une autre option pour la présidentielle de 2027, le parti organise un rassemblement dimanche pour mettre la pression sur la justice.
Après ses propos remettant en cause la décision de justice contre le RN, le premier ministre s’est, une nouvelle fois, enfoncé dans des bribes d’explications incompréhensibles. Y compris au sein de ses propres troupes, on prend ses distances.
Alors que Marine Le Pen peut être condamnée pour détournements de fonds publics et déclarée inéligible par la justice lundi 31 mars, les cadres du parti d’extrême droite oscillent entre politique de l’autruche et arguments éculés sur un prétendu « gouvernement des juges » voulant mettre à mal la démocratie.
La participation du président du RN à une conférence contre l’antisémitisme à Jérusalem, aux côtés de nombreux représentants d’extrême droite, a provoqué des annulations en cascade. En France, le parti a choisi de s’attaquer au Crif, qui s’est inquiété de cette invitation lancée par le gouvernement de Nétanyahou.
L’élue du Pas-de-Calais avait dans un premier temps été suspendue six mois par son parti à la suite des révélations de Mediapart sur un mauvais usage de ses frais de mandat.
Le premier ministre a encore multiplié les contre-vérités à propos de son degré de connaissance des violences à Notre-Dame-de-Bétharram. Quelques heures plus tôt, la ministre de l’éducation nationale annonçait un plan pour mieux contrôler les établissements privés sous contrat.
Sur l’économie ou l’international, le président du parti cultive sa différence avec Marine Le Pen et assume son positionnement de droite. Une tactique électorale revendiquée, qui fait grincer des dents dans le premier cercle de la triple candidate à la présidentielle, sur laquelle plane le spectre de l’inéligibilité.
Le vote d’une résolution de soutien à l’Ukraine et les discussions sur la défense européenne, qui se sont tenus à Strasbourg mardi et mercredi, ont une nouvelle fois illustré les ambiguïtés des extrêmes droites du continent vis-à-vis de Donald Trump et de Vladimir Poutine.
Tandis que la députée mise sur une décision du Conseil constitutionnel pour limiter la peine d’inéligibilité qui la menace, le nouveau président de l’institution – désigné grâce au RN – assume la rhétorique de l’extrême droite contre le « gouvernement des juges ».
Des dizaines de milliers de manifestantes ont défilé contre le patriarcat samedi 8 mars à Paris. Des groupes identitaires d’extrême droite ne sont pas parvenus à infiltrer le cortège officiel, mais les forces de l’ordre leur ont permis de manifester, en toute fin d’après-midi, sur quelques centaines de mètres.
Le parti de Marine Le Pen navigue entre une certaine admiration pour le président états-unien, ses alliés résolument pro-Trump et une volonté de revendiquer une posture de non-aligné. En résulte un silence gêné face aux bouleversements géopolitiques en cours.
La radicalisation de l’Alternative pour l’Allemagne l’a progressivement isolée au Parlement européen. Sa vision du monde, nationaliste et autoritaire, a renforcé son hostilité à l’Union européenne et sa proximité avec le régime de Poutine, comme avec les émissaires de Trump.