David Graeber, penseur pirate

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L’anthropologue et activiste états-unien décédé mercredi à Venise, connu pour sa critique des « jobs à la con » et son histoire de la dette, laisse une œuvre déjà majeure et pourtant inachevée. Graeber était l’une des rares personnalités intellectuelles à mener de front son travail académique et ses engagements militants avec une même exigence.

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Nous sommes tristes, bien sûr. Mais aussi inquiets que la mort prématurée de l’anthropologue David Graeber vienne faire écran à la transmission d’un parcours et d’une œuvre dont la résonance est immense pour la recherche et l’activisme. Chercheur obstinément passionné par l’origine des inégalités et les luttes pour les démanteler, activiste déterminé, des mouvements altermondialistes à Extinction Rebellion, en passant par Occupy Wall Street et le Rojava, il était l’une des rares personnalités intellectuelles à mener de front son travail académique et ses engagements militants, avec une même exigence et une curiosité inextinguible.