Atiq Rahimi : « Il faut ouvrir les frontières, accueillir les Afghans »

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Prix Goncourt, l’écrivain franco-afghan s’est démené pour « faire sortir » des Afghans menacés par les talibans. Il appelle la France et l’Europe à faire davantage.

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© Mediapart

Prix Goncourt en 2008, exilé en France dans les années 1980, l’écrivain Atiq Rahimi revient sur la prise de pouvoir des talibans dans son pays. Il dit sa grande inquiétude. « L’Afghanistan va devenir un pays sans culture, sans pensée, sans racines. »

« Les talibans basent leur gouvernement sur la charia. La femme n’a pas de statut social, la presse n’est pas libre, on va retourner à l’époque [où ils étaient au pouvoir]. Sauf que cette fois-ci, ils sont bien armés et bien soutenus par la Chine, l’Iran, le Pakistan, le Qatar et la Russie. [...] Ils se sentent plus forts qu’avant. »

Avec d’autres, Atiq Rahimi s’est démené ces dernières semaines pour « faire sortir » 400 artistes, journalistes et acteurs de la société civile afghane ainsi que leurs proches.

Malgré ses efforts, seul un tiers de la liste qu’il avait proposée au gouvernement français a pu sortir du pays, alors que les évacuations aériennes occidentales ont cessé. Atiq Rahimi craint pour leur sécurité. « Ceux qui n’ont pas pu partir sont en général les plus ciblés, car ils ne pouvaient pas venir à l'aéroport : ce sont des visages connus » en Afghanistan.

Qu’a-t-il pensé de la déclaration d’Emmanuel Macron sur la crainte de « flux migratoires irréguliers » ? « Macron a utilisé l’affaire afghane pour devancer le discours d’une certaine Marine Le Pen. » L’écrivain encourage la France et l’Europe à faire davantage pour accueillir les Afghans. « Il faut ouvrir les frontières, accueillir les Afghans » pour les « sauver » de la mort. Même si cela créera peut-être « des crises » dans le « contexte politique actuel » en France.

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Régie : Stéphane Pruvot, Alexandre Huez
Son : Jimmy Beaufils
Montage : Martin Bessin

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