Lafon, le mépris et le pardon

Par Eugénie Bourlet (En attendant Nadeau)

Avec Chavirer, Lola Lafon revient à ses thèmes de prédilection (le corps féminin, la danse) et raconte le pardon qu’une jeune femme ne peut s’accorder. Mais en l’ancrant de plain-pied dans le décor socio-politique récent, la romancière dénonce une société où seuls les tenants de la culture dominante ont droit à la parole.

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C’est l’histoire d’une histoire qui ne peut pas être dite. D’un souvenir halluciné, écheveau de sensations et de mots qui corsète Cléo, l’héroïne de Chavirer. Au milieu des années 1980, la jeune fille qui grandit en banlieue parisienne se passionne pour la danse et suit des classes de modern’ jazz à la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Fontenay (Val-de-Marne), après s’être fait éjecter d’un cours privé de classique. Frustrée et candide, elle entre dans l’adolescence comme tant d’autres, la tête débordant d’ailleurs et de rêves à accomplir.