La rentrée littéraire de septembre 2020

Romans et essais : le choix de nos journalistes et de nos partenaires du site En attendant Nadeau.

Bernardine Evaristo, activiste de la littérature

Par
Bernardine Evaristo © Jennie Scott Bernardine Evaristo © Jennie Scott

Avec Fille, femme, autre, Bernardine Evaristo a remporté le Booker Prize. Elle est la première femme noire à recevoir ce prix prestigieux, qui salue un très bon roman. Entretien.

Lafon, le mépris et le pardon

Par Eugénie Bourlet (En attendant Nadeau)

Avec Chavirer, Lola Lafon revient à ses thèmes de prédilection (le corps féminin, la danse) et raconte le pardon qu’une jeune femme ne peut s’accorder. Mais en l’ancrant de plain-pied dans le décor socio-politique récent, la romancière dénonce une société où seuls les tenants de la culture dominante ont droit à la parole.

Le Paris gagné de l’Ivoirien Gauz

Par Natalie Levisalles (En attendant Nadeau)
Gauz © DR Gauz © DR

Black Manoo est un roman qui nous apprend des choses sur Paris, la France et les Français. Ses personnages principaux sont des Ivoiriens. Troisième livre de Gauz, auteur qui a découvert la France à l’âge de 28 ans et qui vit aujourd’hui entre Paris et Grand Bassam, il questionne les relations entre Africains et Européens. Et cest très fort.

La rentrée littéraire de Black Lives Matter

Par
Maya Angelou, à New York. © G. Marshall Wilson Maya Angelou, à New York. © G. Marshall Wilson

Le mouvement Black Lives Matter ne cesse d’être tragiquement relancé par des assassinats de Noirs aux États-Unis. En France, la rentrée littéraire voit fleurir les traductions de textes écrits hier et aujourd’hui par des Africains-Américains autour d’histoires réellement vécues. Tour d’horizon avec Maya Angelou, James Baldwin, Colson Whitehead… Et quelques livres français !

«M, l’enfant du siècle»: de l’ascension de Mussolini à l’épuisement narratif

Par Pierre Tenne (En attendant Nadeau)
À l'occasion des fêtes décennales fascistes, à Rome en 1938, Mussolini ouvre le concours de tir sur silhouette fixe. © Gallica/BnF À l'occasion des fêtes décennales fascistes, à Rome en 1938, Mussolini ouvre le concours de tir sur silhouette fixe. © Gallica/BnF

Best-seller couronné par le prix Strega, le plus prestigieux des prix italiens, « chef-d’œuvre » selon Roberto Saviano, M – l’enfant du siècle, d’Antonio Scurati, se présente comme un « roman documentaire » sur lascension de Mussolini. Mais son usage de la littérature et sa conception de lhistoire posent problème. Un roman sur le fascisme peut-il se croire tout-puissant ?

Vivre sa vie: l’autobiographie de Deborah Levy

Par
Photogramme de "Vivre sa vie", de Jean-Luc Godard, 1962. Photogramme de "Vivre sa vie", de Jean-Luc Godard, 1962.

Vous ignorez qui est Deborah Levy ? Plus pour longtemps. Ce que je ne veux pas savoir et Le Coût de la vie – les deux premiers volumes de son autobiographie – viennent d’être traduits, et c’est splendide.

Fatima Daas: la convergence des livres

Par Pierre Benetti (En attendant Nadeau)
Fatima Daas © Olivier Roller Fatima Daas © Olivier Roller

Par sa construction fragmentaire, sa circulation entre les langues – l’arabe, le français –, son humour porté autant sur la tendresse que sur l’autodérision, La Petite Dernière de Fatima Daas possède de vraies qualités littéraires. Relié aux transformations des luttes antiracistes, féministes, populaires, ce monologue en est aussi une juste expression.

Une rentrée littéraire engagée

Par
capture-d-e-cran-2020-08-18-a-12-04-07

Nul ne sait ce que sera la rentrée sociale. Mais à lire Alice Zeniter, Barbara Stiegler, Émilie Notéris, Sandra Lucbert ou Aude Lancelin, la rentrée littéraire engage au combat.

«Fille»: la spirale affranchissante de Camille Laurens

Par
fille

Fille est un roman de la maturité, maîtrisé, bouleversant d’un point de vue intime et politique. Camille Laurens y intente le procès du patriarcat, libère les femmes de leurs jougs et bâtit un Tombeau de la langue française enfin récurée, rédimée.
Première chronique consacrée aux nouveaux romans à paraitre en cet automne 2020

L’univers dans un mouchoir de poche

Par Maurice Mourier (En attendant Nadeau)

Lumière d’été, puis vient la nuit, de Jón Kalman Stefánsson, ressemble à une chronique d’existences villageoises, en Islande, aujourd’hui. Mais par la voix d’un narrateur qui conte ces histoires, incarnant une sorte de chœur qui annonce, commente, s’étonne, s’amuse.

Notre fatigue a une histoire

Par

Si vous êtes déjà las de cette rentrée incertaine, la lecture du dernier Georges Vigarello vous aidera à comprendre comment la fatigue est devenue le mal du siècle.

La violence retenue

Par Pierre Benetti (En attendant Nadeau)

Rien ne donnait envie de découvrir le premier roman de Nicolas Rodier. Devant son titre, Sale bourge, et la photographie d’un adolescent au teint frais sur sa jaquette, on avait cru à un énième texte narcissique, à une plainte convenue des gens de bonne éducation et de grande fortune. C’est tout l’inverse.

De Carrère à Enthoven, que vaut la vie d’un écrivain?

Par et

La rentrée littéraire croule sous les récits de soi, qui produisent le meilleur comme le pire. L’occasion de se demander quels rapports ces livres entretiennent au réel, et à la littérature, en revenant sur les deux grands succès du genre cet automne, Le Temps gagné, de Raphaël Enthoven, et Yoga, d’Emmanuel Carrère.