Voir dans le Noir avec Toni Morrison

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La mort de Toni Morrison est tout le contraire d’une disparition. C’est une invitation à résister à la prolifération des discours de haine. Son œuvre, qui déploie le lieu de la langue et de l’imaginaire comme un champ de bataille, est une arme contre l’ensorcellement raciste et sexiste de nos sociétés. Dans la nuit xénophobe, elle nous apparaît telle une constellation comme le suggère le titre d’un de ses livres : Playing in the Dark. Christian Salmon témoigne sur celle qui fut l’une des initiatrices du Parlement international des écrivains.

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Il y a de nombreuses raisons de regretter la disparition de Toni Morrison, décédée dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 août. Quand on a eu la chance de la connaître, c’est sa présence, son regard, son rire qui reviennent aussitôt à l’esprit, sa forte personnalité qui transformait ses interlocuteurs écrivains, aussi célèbres soient-ils, en disciples cherchant son assentiment.