Linda Lê: prendre le large, toujours

Par et

Dans Œuvres vives, roman, elle s’attache dans la ville du Havre à la biographie d’un écrivain imaginaire, et dont l’existence reste en retrait de l’œuvre. Dans Par ailleurs, essai, elle convoque d’autres exilés, « irrésignés » ou « métèques », poètes, écrivains ou philosophes bien réels ceux-là. Linda Lê publie les deux livres simultanément : en profonde correspondance. Entretien et extrait en fin d’article.

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Au tout début du roman Œuvres vives, il arrive au narrateur ce qui arrive, un jour où l’autre, à tout lecteur : une rencontre avec un auteur inconnu qu’il lit d’une traite, d’un square au pub McDaid’s, puis à l’hôtel. Oubliée cette ville qui ne le séduit pas, Le Havre, « un paysage mortellement froid », oublié le spectacle raté qu’il est venu voir. Naufrages, c’est le titre du livre, ouvre sur le désir impérieux de découvrir les autres œuvres de l’écrivain, Antoine Sorel. C’est un dérangement, un plaisir, une passion, une « apothéose du dépaysement ».