En 2000, Frédéric Beigbeder, qui a commencé sa carrière d’écrivain en dénonçant sa carrière de publicitaire, déclarait : « La publicité est l’une des plus grandes catastrophes des deux mille dernières années pour ceux qui aiment la littérature. » Dix-sept ans plus tard, la prestigieuse maison Gallimard s’honore de publier un livre de littérature, rassemblant trois auteurs américains et cinq français, pour un essai et sept petites fictions consacrées à un objet de la maroquinerie de luxe, un des sacs les plus vendus au monde paraît-il. « Gallimard fait de beaux livres, Dior fait de beaux sacs », le rapprochement était une évidence, explique-t-on chez l’éditeur. On peut se contenter de se gausser, ou s’embarquer dans une énième déploration sur la décadence de notre monde en général et de notre littérature en particulier. Mais ce serait escamoter le problème, qui n’est pas si simple à définir : à quoi tient le malaise ?