Guédiguian et les Dardenne: trois réalistes sur la Croisette

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Comment filmer les pauvres ? Cannes a donné deux réponses, ce samedi. A “Un certain regard”, celle de Robert Guédiguian, avec Les Neiges du Kilimandjaro. En compétition officielle, celle de Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec Le Gamin au vélo. Une réponse par le vide, l'autre par le plein. Mais le vide et le plein ne sont peut-être pas où l'on croit.
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Le nom de Robert Guédiguian est sorti de la confidentialité en 1995, avec A la vie, à la mort ! : ce n'était pas son premier film, mais les choses pour lui ont décollé à ce moment-là. Ont suivi Marius et Jeannette, A l'attaque !, une bonne dizaine de titres jusqu'aux Neiges d'aujourd'hui. Les noms de Jean-Pierre et Luc Dardenne sont apparus en 1996, avec la présentation à la Quinzaine des réalisateurs de La Promesse : ce n'était pas leur premier film, mais c'est celui qui les a fait connaître. Deux palmes d'or ont suivi, une pour chacun, la première pour Rosetta en 1999, la deuxième pour L'Enfant en 2005.

Le gamin au vélo. Le gamin au vélo.
Même retard à l'allumage, même génération : Guédiguian est né en 1953, encadré par Jean-Pierre, né en 1951, et par Luc Dardenne, né en 1954. Même volonté de faire œuvre réaliste et politique en un temps où cela a cessé d'être simple. Même fidélité à soi suscitant la même rengaine : depuis quinze ans le trio referait sempiternellement le même film. Mêmes récits, aussi, d'héritages, de pères et de fils, de ratés dans la filiation.

 

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