De Z à A: «Civilizations» de Laurent Binet

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Dans Civilizations, Laurent Binet renverse le cours de l’histoire : ce ne sont pas les Européens qui découvrent l’Amérique, mais les Amérindiens qui découvrent l’Europe. Cette joyeuse parodie qui veut promouvoir un autre monde possible ferme pourtant l’horizon.
Avec ce roman, nous commençons notre série de chroniques sur la rentrée littéraire.

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Dans un épisode de la série Les Simpson, Homer accomplit des voyages dans le temps grâce à son grille-pain. À chaque fois qu’il fait un bond dans le passé, il change le cours de l’histoire de l’humanité : il lui suffit d’écraser par mégarde un moustique préhistorique pour que la face du monde en soit changée. C’est le fonctionnement de l’histoire contrefactuelle : « et si ? » demande-t-elle ; et en particulier : et si les vaincus avaient été les vainqueurs ? L’histoire emprunte à la fiction son principe substantiel : le conditionnel. Il arrive que le roman en retour fabrique une histoire alternative : Philip Roth a imaginé dans Le Complot contre l’Amérique ce qui se serait passé si le fasciste Charles Lindbergh avait été élu président des États-Unis en 1941.