L’histoire face à l’offensive mémorielle

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Dénouer les conflits entre histoire et mémoires et repérer les conditions d’une alliance nécessaire entre deux rapports au passé qu’a priori tout oppose : c’est la tâche que se donne Philippe Joutard, pionnier de l’histoire orale, dans son dernier ouvrage. Ou comment éviter le repli sur soi d’une histoire confrontée à une offensive mémorielle sans fin.

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Au sortir de la seconde guerre mondiale, c’est l’oubli, et non la mémoire, qui domine les sociétés occidentales. En 1947, l’écrivain italien Primo Levi est ainsi éconduit par le prestigieux éditeur Einaudi lorsqu’il lui présente le manuscrit de Si c’est un homme : le récit autobiographique de son passage à Auschwitz. Et la même année, lors de la création du musée du camp d’Auschwitz-Birkenau, cœur même de la Shoah, par d’anciens déportés, sous la responsabilité de l’État polonais, pas une seule fois le mot « juif » n’est prononcé.