Avec «Laëtitia», Ivan Jablonka réinvente le fait-divers

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Ce n’est pas un roman qui vient d'obtenir le prix Médicis, mais quel sacré livre ! Laëtitia, récit subjectif, enquête minutieuse, honnête même dans ses impasses, renoue avec le fait-divers comme « force de frappe cognitive ». Le meurtre de Laëtitia a passionné la France et ridiculisé Sarkozy. La vie reconstituée de Laëtitia la fait exister, et avec elle, le pays silencieux.

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Au dernier chapitre de Laëtitia, alors qu’Ivan Jablonka évoque son projet, « exploration du monde guidée par les sciences sociales », il note : « Romancier il y a dix ans, j’ai écrit du non-vrai ; thésard à la même époque, j’ai non écrit du vrai. Aujourd’hui, je voudrais écrire du vrai. » Pour cela, on le sait, il ne suffit pas de travailler avec le réel, surtout lorsqu’on aborde cette matière fragile, incandescente, qu’est un fait-divers récent.