L’homme qui raconte les montagnes

Par

Roman d’initiation, roman du rapport au père, roman du désir de retrait du monde, Les huit montagnes de Paolo Cognetti raconte aussi en filigrane les bouleversements qu’a connus la haute montagne alpine depuis 30 ans.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Nous avons dans ces colonnes dit tout le bien que nous pensions du premier roman de l’Italien Paolo Cognetti. Et voici que la rentrée littéraire nous offre le plaisir rare de découvrir que Cognetti a écrit un second premier roman : Les huit montagnes, superbement traduit par Anita Rochedy, à qui l’on devait déjà la traduction du précédent livre de Cognetti, Le garçon sauvage (Zoé, 2016). S’agirait-il d’œuvres jumelles ? Nullement. Plutôt d’une petite médiocrité des éditions Stock. Après avoir emporté, en faisant monter les enchères (on parle de 24 000 euros, une somme élevée pour un auteur peu connu), les droits français sur le livre, Stock se devait de rentabiliser son investissement. Pousser le livre pour le Femina étranger fait partie des usages. Le qualifier en quatrième de couverture de « premier roman », alors que Sofia s’habille toujours en noir (Liana Levi, 2013) l’était en vérité, est bien petit. Mais passons, tant le livre, qui a entre-temps obtenu à la fois les prix Strega et Strega Giovani (équivalents transalpins du Goncourt et du Goncourt des lycéens), mérite les compliments qui lui ont déjà été adressés.