Frictions pyrénéennes

De la « fiancée du Maure » aux harkis parqués à Rivesaltes, des maquis antifascistes franco-espagnols aux retenus sans papiers du CRA d’Hendaye, des peuples se sont toujours réfugiés, croisés ou frottés dans les Pyrénées. Cela a souvent été rugueux, parfois tragique, toujours chargé d’espoir. 

Llívia, aux origines amoureuses de Convivéncia

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Llívia, ville pyrénéenne en Cerdagne, qui a hébergé l’union de la princesse toulousaine Lampegia et du guerrier berbère Munuza, au VIIIe siècle. © Photo Emmanuel Riondé pour Mediapart Llívia, ville pyrénéenne en Cerdagne, qui a hébergé l’union de la princesse toulousaine Lampegia et du guerrier berbère Munuza, au VIIIe siècle. © Photo Emmanuel Riondé pour Mediapart

Au VIIIe siècle, Llívia, petite ville pyrénéenne en Cerdagne, a accueilli un couple berbéro-occitan. Lui tué, elle exilée, le mariage a mal fini. Mais cette union, magnifiée ensuite par les romantiques, continue de nourrir le concept de convivéncia, un concept au fort potentiel politique. Premier volet de notre série sur les Pyrénées.

Au Vernet, on bataille pour la mémoire des camps français

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Au Vernet on lutte pour que la mémoire du camp subsiste. Avec notamment le “Parvis des nationalités”, afin de rappeler que le village fut un lieu où se sont croisés des individus pourchassés, déportés, fuyant ou résistant au sein d’une Europe à feu et à sang. © Photo Emmanuel Riondé pour Mediapart Au Vernet on lutte pour que la mémoire du camp subsiste. Avec notamment le “Parvis des nationalités”, afin de rappeler que le village fut un lieu où se sont croisés des individus pourchassés, déportés, fuyant ou résistant au sein d’une Europe à feu et à sang. © Photo Emmanuel Riondé pour Mediapart

Dans les années 1940, des camps ont été disposés dans le piémont pyrénéen. Les exilés espagnols de la « Retirada », puis les victimes de Vichy y ont été internés. Une histoire bien documentée et dont des associations entretiennent la mémoire, mais que l’État français, qui perpétue sa gestion brutale des « étrangers indésirables », tarde à reconnaître.

À Perpignan, l’héritage fragile de l’antifascisme

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Manifestation des gauches en marge du congrès du RN à Perpignan, le 3 juillet 2021. © Photo Emmanuel Riondé pour Mediapart Manifestation des gauches en marge du congrès du RN à Perpignan, le 3 juillet 2021. © Photo Emmanuel Riondé pour Mediapart

La lutte antifasciste fait partie de l’histoire du massif pyrénéen. L’exil et la « Retirada » après la guerre d’Espagne, puis les camps, furent la matrice de réseaux de résistance et de solidarité. À Perpignan, cet héritage tente de perdurer face à l’extrême droite, qui tient la ville depuis un an.

À Hendaye et Bayonne, le Pays basque et ses « accueillis »

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Des bénévoles de l'association Diakité. © Photo Emmanuel Riondé pour Mediapart Des bénévoles de l'association Diakité. © Photo Emmanuel Riondé pour Mediapart

Les Pyrénées sont l’un des principaux points d’entrée en France pour les migrants et réfugiés venus d’Afrique de l’Ouest. Au Pays basque, les vieux réseaux de solidarité politique se réactivent.

En Andorre, contrebande, frontières et « passeries »

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Le Pas de la Case, ville-centre commercial de la petite principauté d'Andorre connue pour sa plus basse TVA d'Europe et sa fiscalité très avantageuse. © Photo Emmanuel Riondé pour Mediapart Le Pas de la Case, ville-centre commercial de la petite principauté d'Andorre connue pour sa plus basse TVA d'Europe et sa fiscalité très avantageuse. © Photo Emmanuel Riondé pour Mediapart

Des cigarettes aux civelles, le massif pyrénéen est un espace de contrebande. Mais surtout de circulation, d’échanges et d’auto-organisation entre les habitants des deux versants. Le tracé définitif de la frontière franco-espagnole, au XIXe siècle, n’a pas altéré cette réalité qui demeure vivace.