Au Vernet, on bataille pour la mémoire des camps français

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Dans les années 1940, des camps ont été disposés dans le piémont pyrénéen. Les exilés espagnols de la « Retirada », puis les victimes de Vichy y ont été internés. Une histoire bien documentée et dont des associations entretiennent la mémoire, mais que l’État français, qui perpétue sa gestion brutale des « étrangers indésirables », tarde à reconnaître.

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Le Vernet (Ariège).– C’est un petit cimetière du Sud, écrasé par le soleil. Les premières tombes sont celles de Teodoro Navarro Garcia, mort le 19 mars 1939, puis celles de José Gonzales Fernandez et de Manuel Gonzalez Perez, tous deux morts le 21 mars 1939. Sur les pierres suivantes, alignées au cordeau, quasiment pas un jour ne manque jusqu’à la mi-avril. Un ou deux enterrements quotidiens. « Ça commence le 19, mais il y a forcément eu des morts les jours précédents. Et ceux-là, on ne sait pas où ils ont été enterrés. Dans des fosses communes probablement... »