Les Pages jaunes menacées par un «hold-up financier»

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Le groupe SoLocal, qui détient le célèbre annuaire, a annoncé qu’il allait supprimer 1 000 postes sur 4 400. Une saignée officiellement justifiée par la transition vers le numérique. Mais les salariés dénoncent une supercherie : le plan vise surtout à satisfaire les attentes financières des actionnaires.

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À l’étroit dans un de ces petits sous-sols accessibles depuis le parvis central dont regorge La Défense, ils s’observent en chiens de faïence. Ce vendredi 9 mars, d’un côté des barrières se tiennent les petits actionnaires de SoLocal Group, l’entité qui regroupe les Pages jaunes et Mappy. Ils se hâtent d’entrer pour accéder à l’assemblée générale annuelle du groupe, où ils approuveront notamment la politique de rémunération de ses dirigeants, dont les 520 000 euros annuels dévolus au nouveau directeur général Éric Boustouller, ancien dirigeant de Microsoft arrivé à l’automne. Ce dernier aura aussi droit à un bonus susceptible de tripler ce salaire, en fonction de l’évolution du cours de Bourse, de la rentabilité de l’entreprise et de la réduction des coûts. Sans oublier le cadeau de bienvenue qui lui est réservé : un million d’actions gratuites (valorisées aujourd’hui 1,1 euro chacune), attribuées en « contrepartie à la renonciation par l’intéressé à des droits significatifs de rémunération à long terme au titre de ses anciennes fonctions », selon les documents de l’assemblée générale.