Avec Deliveroo, l’inspection du travail s’attaque à l’ubérisation

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Selon l’inspection du travail et l’Urssaf, la plateforme de livraison de repas à domicile n’emploie pas de vrais indépendants, et devrait traiter ses livreurs comme des salariés classiques. Le parquet est saisi à Paris et à Nantes. Le danger est réel pour cet emblème d’une société « ubérisée », pour l’instant couvert par la justice.

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Avis de tempête pour Deliveroo France. Selon des informations obtenues par Mediapart, le parquet de Paris a reçu courant février un épais procès-verbal de l’inspection du travail, dénonçant des infractions commises par cette plateforme de livraison de repas à domicile, qui joue le rôle d’intermédiaire entre restaurants et particuliers. Ce dossier est actuellement « à l’étude » au parquet, et risque de déboucher sur des poursuites pénales. L'inspection du travail estime que les coursiers à vélo passant par l'application ne sont pas des « partenaires », mais de classiques salariés, et qu'ils ne devraient pas se déclarer en tant que micro-entrepreneurs. L'Urssaf estime que le montant des cotisations non versées en 2015 et 2016 dépasse 6,4 millions d'euros.