Areva et le scandale Uramin : l'Etat fantôme

Avant l’élection présidentielle de 2007, Anne Lauvergeon est inquiète : si Nicolas Sarkozy l’emporte, son ami Martin Bouygues a toutes les chances d’entrer au capital du groupe nucléaire, voire d’obtenir son démantèlement. La mise aux enchères d’Uramin par les vendeurs canadiens lui permet de lancer une contre-attaque éclair pour renforcer son pouvoir, en passant outre toutes les règles et les procédures de contrôle. Et l’administration laisse faire.

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Attaquée, espionnée, Anne Lauvergeon a décidé de riposter. Lundi, l’ancienne présidente du directoire d’Areva a donné une conférence de presse pour dénoncer des manœuvres de déstabilisation, « venues du plus haut niveau », a-t-elle insisté. Manœuvres pour l’abattre, pour ternir son bilan. « Parce que je contrecarrais des intérêts privés qui souhaitaient le démantèlement d'Areva, qui souhaitaient récupérer des morceaux, qui souhaitaient pouvoir privatiser en particulier la mine. » « Je sais que j'ai heurté des intérêts privés, je sais que de ne pas être au club du Fouquet's pour faire du nucléaire, ça devenait un handicap tout à fait significatif », a-t-elle affirmé. Même Uramin, selon l’ancienne présidente d’Areva, est une affaire montée de toutes pièces. « L’Etat a validé en parfaite connaissance de cause son rachat », a-t-elle rappelé.

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