En rétention: le stress, l’ennui, même pas de quoi se raser ni se couper les ongles

Par Olivier Bertrand

Mediapart consacre une série exceptionnelle au centre de rétention de Marseille, où la France place des étrangers qu’elle veut expulser. Au cœur de notre deuxième épisode : la torture de l’incertitude. Du temps qu’on ne maîtrise plus.

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Marseille (Bouches-du-Rhône), correspondance.– Quand Jalil arrive avec ses amis, les bras chargés de plats cuisinés tout l’après-midi, les chaises ont été prises d’assaut. La salle prévue est trop petite. Le jeune Afghan a été libéré quelques jours plus tôt du centre de rétention de Marseille (lire le premier épisode de notre série), une soirée est organisée autour de lui à Gémenos, confortable bourg provençal à 20 kilomètres de Marseille, sur les contreforts de la Sainte-Baume. La ville compte à peine 6 000 habitants, or 80 personnes se sont déplacées. Comment expliquer, dans cette France que l’on décrit comme obsédée par l’immigration, une telle mobilisation pour un jeune homme que la préfecture veut renvoyer en Autriche, d’où il risque d’être expédié en Afghanistan ?