A Saint-Denis, les soins aux habitants traumatisés butent sur l'indifférence des politiques

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L’attentat au Stade de France et l’assaut antiterroriste ont ébranlé Saint-Denis, ville où s’entremêlent des trajectoires difficiles. La consultation post-traumatique du centre hospitalier a accueilli des centaines de personnes. Mais pour guérir d’un traumatisme, il faut être considéré comme une victime, avec tendresse. Or Saint-Denis a surtout un sentiment d’abandon.

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Au milieu de la vaste esplanade que bordent la mairie et la basilique de Saint-Denis, ils forment, samedi 28 novembre, un groupe serré. Séparés depuis peu, ils se retrouvent avant d’entrer dans la mairie. Les enfants jouent, s’énervent un peu, sont cajolés par les uns et les autres. Les passants les reconnaissent : « Ce sont ceux du 48. » L’immeuble du 48, rue de la République, à cent mètres de là, a subi le 18 novembre au petit matin un assaut antiterroriste d’une violence folle. Les forces de l’ordre ont tiré 5 000 balles, un homme s’est fait exploser.