Couacs de campagne au Front de gauche

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Tout à son combat face au Front national et à Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais, l’ancien candidat du Front de gauche voit des « agents de l’extrême droite » partout chez les journalistes, tandis qu’un candidat de son parti est accusé de « conspirationnisme ».

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« Vivement que ces élections se terminent, qu’on puisse souffler. » C’est un proche de Jean-Luc Mélenchon qui le reconnaît : du fait de l’hyperactivité militante en cours depuis plus d’un an, les hérauts du Front de gauche sont fatigués. Au premier rang, l’ancien candidat à la présidentielle est particulièrement sous tension. Lancé dans sa « bataille homérique » face à Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, l’Ulysse de la gauche radicale est confronté à son principal talon d’Achille : l’excès de langage et de colère.

À Hénin-Beaumont, où la pression médiatique atteint son paroxysme, la crispation contre les journalistes atteint des sommets. S’estimant maltraité, Mélenchon a traité sur son blog un journaliste du Parisien de « bon facho patenté », avant de s’en prendre, dans les rues de Méricourt, à un journaliste de L’Express : « Qu’est-ce que vous faites encore là, sale petit espion ? Ça fait trois jours que vous m’espionnez, rentrez à Paris écrire vos saloperies dans votre journal fasciste. Fichez-moi le camp, dégagez ! » Réactions immédiates de la société des journalistes de L’Express, comme des syndicats CGT et CFDT.

Les mauvaises relations de Mélenchon avec la presse ne sont pas une nouveauté. Déjà en 2009, son altercation verbale avec un apprenti journaliste, qualifié de « petite cervelle », l'avait fait connaître au grand public. Et les « coups de gueule » ont depuis régulièrement accompagné son ascension. Entamée les dix derniers jours de la présidentielle, la vindicte antimédiatique a été théorisée en tant que telle. Un membre de l’équipe de campagne du Front de gauche explique ainsi avoir plaidé pour « faire la dernière semaine sur les banques, mais c’était trop tard. Il avait été décidé de se concentrer sur le complot médiatique afin de refaire le coup du référendum de 2005. On a peut-être perdu deux ou trois points dans cette histoire… ».