« Vous voyez où on vit ? » : au bureau n° 7 d’Aubervilliers, voter est un privilège

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Plongée dans un bureau de vote où environ trois électeurs sur quatre ne se sont pas déplacés les 20 et 27 juin dernier, pour les élections régionales et départementales. Une abstention qui raconte l’évolution sociologique, les désillusions et les difficultés d’un quartier populaire à deux pas de Paris.

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Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).– En même temps qu’il monte l’escalier en colimaçon d’une barre HLM en piteux état, Anthony Daguet balaie du regard le document qu’il a entre les mains. « 349, non… 350, non… Ah, 351 ! » Ce soir-là, le chef de file du Parti communiste d’Aubervilliers s’est donné une mission périlleuse : aller convaincre, un à un, les abstentionnistes du premier tour d’aller voter au second. « Le truc, c’est d’avoir le sourire et de ne surtout pas engueuler les gens, assure-t-il. On essaie d’expliquer comment le département et la région peuvent les aider au quotidien. »