Quand les femmes victimes de violence portent plainte, elles le paient

Faire valoir ses droits peut coûter cher. Les victimes de violences conjugales engagent des frais non remboursés par les assureurs privés. Peu de femmes agressées peuvent prétendre à l’aide publique. Et celles qui l’obtiennent peinent à trouver un avocat qui accepte de les défendre.

Audrey Guiller et Nolwenn Weiler

6 mars 2022 à 16h18

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Quand elle quitte son domicile en juin 2019, Magalie n’emporte rien. Enceinte, elle fuit un mari devenu si violent qu’elle craint pour sa vie. Elle demande le divorce et dépose plainte pour viol. « Monsieur sera jugé aux assises dans quelques mois », résume-t-elle. Essorée par les années de procédure, Magalie est aussi à sec financièrement. Elle a versé 16 500 euros à son avocate pour la procédure pénale et 8 500 euros pour le divorce. Soit 25 000 euros au total. Je ne savais rien des tarifs d’une avocate, rapporte la jeune femme. J’étais terrorisée. Je ne me suis posé aucune question. J’ai vidé mon compte épargne et emprunté de l’argent à ma famille. »

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