Un préfet veut expulser un rappeur tunisien invité par la France

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Condamné dans son pays pour une chanson dénonçant une police corrompue, le rappeur tunisien Weld el 15 a été accueilli en France en mars 2015 grâce à un visa « compétences et talents ». Malgré deux décisions de justice lui donnant tort, la préfecture d’Ille-et-Vilaine refuse d’honorer ce visa et veut expulser ce jeune homme de 28 ans. 

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Le rappeur Weld el 15 a déjà payé cher sa liberté d’expression dans son pays d’origine, la Tunisie. Harcelé par la police tunisienne, il y a été condamné à plusieurs reprises notamment pour outrage à fonctionnaire et outrage aux bonnes mœurs – avant d’être relaxé fin 2013. L’objet du délit était une chanson écrite en détention, Boulicia Kleb  “les policiers sont des chiens”, dans laquelle Alla Edine Yacoubi, de son vrai nom, dénonçait les abus d’une police tunisienne corrompue. Il avait écrit cette chanson en prison en 2012, purgeant une peine de neuf mois pour consommation de cannabis, une loi de l’ère Ben Ali toujours appliquée. À la suite de ce combat judiciaire, l’artiste avait été nominé en 2014 pour le prix Sakharov qui récompense « la liberté de l’esprit » de ses lauréats.