La planification écologique : enquête sur une idée rétro-futuriste

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C’est le mot-obus du Front de gauche pour relier anticapitalisme et écologie. Mais quelle politique recouvre exactement la planification écologique ? Entre les cadres du Parti de gauche qui en ont fait leur étendard, et les syndicats de l’industrie en crise, les avis varient et  divergent parfois. 

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Lundi 2 avril, ce n’est pas le petit livre rouge que brandit Martine Billard, co-présidente du parti de gauche (PG), sous la verrière de l’Usine, le siège de campagne du Front de gauche…, mais le Petit manuel de planification écologique. En fait, ce n’est même pas un livre, mais un CD comprenant des discours de Jean-Luc Mélenchon sur l’écologie ainsi que des photos de manifs. La députée de Paris s’apprête à les envoyer à la direction d’Europe-Ecologie-Les Verts, histoire de les affranchir sur la culture écologiste de son parti.

Dans la bataille politique qui oppose les deux partis, la planification écologique occupe une place de choix. Apologie du Gosplan, le plan quinquennal soviétique, selon l’euro-député vert Yannick Jadot, défense de « méthodes et de l’industrie du passé » pour Jean-Vincent Placé, président du comité de campagne d’Eva Joly, la proposition est portée par le parti de gauche depuis au moins trois ans. C’est « un mot-obus » résume Corinne Morel-Darleux, secrétaire nationale à l’écologie du PG, « comme le mot “décroissance”, c’est une manière de frapper les esprits. Si on avait dit que le Front de gauche était pour le développement durable, tout le monde aurait répondu “nous aussi” ».