La loi sur le travail adoptée à la fin d'un jeudi de mobilisation tendue

Sept organisations syndicales appelaient, ce jeudi 12 mai, à une nouvelle journée de manifestations contre le projet de réforme du code du travail. Le cortège parisien a rassemblé 11 500 (selon la police) à 50 000 (selon la CGT) manifestants. À l’Assemblée nationale, la motion de censure a été rejetée par 288 voix contre et 246 pour.

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 « On ne peut plus manifester tranquille en France. Le gouvernement fabrique de la violence. » Invalides, ce jeudi 12 mai. Josette et ses copines sont trempées par la pluie et la peur. Malgré toutes leurs précautions, les voilà dans ce qui s’apprête à devenir une souricière. La place est quadrillée par les CRS. « Il faut que vous partiez. Les jeunes du Mili vont arriver et cela va bastonner », leur lance un vieux routard de la CGT. « Mais par où fuir ? Partout où on passe, les CRS bloquent le passage et nous disent de nous démerder pour sortir », s’alarme Josette. Retraitée de La Poste, elle est de toutes les manifestations contre la loi sur le travail depuis le 9 mars, « depuis que des jeunes nous ont mis un coup de pied aux fesses ». Mais c’est la première fois qu’elle est prise de panique : « J’ai l’âge de mes artères et courir, je ne sais plus faire. » Derrière elle, un jeune manifestant donne une interview à une chaîne de télé. Il est choqué, furieux : « La CGT est devenue la BAC du gouvernement. Son service d’ordre a signé et a collaboré avec la police pour livrer les lycéens, les étudiants, chômeurs, travailleurs en lutte. Le syndicalisme est mort. » Quelques mètres plus loin, un groupe de policiers en civil se met en piste. « Allez, on s’équipe les gars », dit l’un d’entre eux. Tout en nous lançant, provocateur : « Sans casque, ça va être dangereux pour vous. »